Plus de 100 000 visas révoqués en moins d’un an sous l’administration Trump…

Visa americain/image d'illustration...

WASHINGTON, 12 janvier 2026 (RHINEWS)- L’administration du président américain Donald Trump a révoqué plus de 100 000 visas en moins d’un an, a déclaré lundi Tommy Pigott, porte-parole adjoint principal du département d’État, dans un message publié sur le réseau social X. Selon lui, ces révocations concernent notamment « des milliers de ressortissants étrangers inculpés ou condamnés pour des crimes », parmi lesquels des faits d’agression, de vol et de conduite en état d’ivresse.

D’après un rapport de Fox News cité par les autorités américaines, le nombre de visas révoqués en 2025 constitue un record et représente plus du double des quelque 40 000 visas retirés en 2024 sous la présidence de Joe Biden. Le département d’État a indiqué que la majorité des révocations visaient des personnes ayant dépassé la durée autorisée de séjour avec des visas de tourisme ou d’affaires.

D’autres cas concernaient des arrestations pour conduite sous l’emprise de l’alcool, des accusations d’agression, ainsi que des infractions telles que le vol, la maltraitance d’enfants ou la fraude. Le même rapport fait état d’environ 500 étudiants ayant perdu leur visa en raison de faits liés à la possession ou à la distribution de drogues.

Selon les autorités, ces décisions s’inscrivent dans la ligne de la politique migratoire défendue par Donald Trump depuis son retour à la Maison-Blanche en janvier 2025, marquée par la promesse de procéder à des expulsions massives de migrants en situation irrégulière et par un durcissement à l’égard des personnes disposant d’un statut légal ou cherchant à en obtenir un.

Si l’application des lois migratoires relève du département de la Sécurité intérieure (DHS), le département d’État est chargé de la délivrance initiale et de la révocation des visas. Sous l’autorité du secrétaire d’État Marco Rubio, les efforts en matière de retraits de visas se sont intensifiés, contribuant, selon certains observateurs, à augmenter le nombre de personnes se retrouvant sans statut légal.

Le rapport souligne toutefois que les statistiques officielles sur l’immigration sont devenues plus difficiles à obtenir sous l’administration Trump et qu’il n’est pas établi combien des anciens titulaires de visas ont effectivement quitté le territoire américain. Le gouvernement fédéral dispose depuis longtemps de larges pouvoirs discrétionnaires pour révoquer des visas, mais l’administration actuelle a étendu cette pratique à des infractions mineures qui, par le passé, n’entraînaient pas nécessairement la perte du statut légal, comme certaines contraventions ou des cas de conduite en état d’ivresse.

En 2025, Marco Rubio a également annoncé le retrait de visas étudiants à des personnes liées à des actions qualifiées de pro-Hamas sur des campus américains, notamment lors de manifestations pro-palestiniennes, ainsi qu’à des individus accusés d’avoir célébré le meurtre du podcasteur conservateur Charlie Kirk dans l’Utah.

En août, le département d’État a par ailleurs indiqué avoir mis en place un processus de contrôle continu portant sur environ 55 millions d’étrangers détenteurs de visas américains, y compris des personnes ne se trouvant pas aux États-Unis au moment de la vérification. Ces politiques ont suscité de vives critiques de la part d’avocats spécialisés en immigration, de défenseurs des droits des migrants et de responsables démocrates, qui y voient un moyen de créer davantage de personnes expulsables, alors que Donald Trump a fixé un objectif de plus de 10 millions d’expulsions au cours de son second mandat.

De leur côté, les partisans de ces mesures estiment qu’elles renforcent la sécurité et la responsabilité, tandis que l’administration poursuit parallèlement la mise en œuvre d’un durcissement des conditions d’octroi des visas, tout en faisant face à des recours judiciaires contestant ses restrictions à l’immigration légale.