ONU/Haïti  : le Panel d’experts signale des agents de la BSAP impliqués dans des activités criminelles et des atteintes présumées aux droits humains…

Des Agents de la BSAP

TROU-DU-NORD, mardi 11 novembre  2025 (RHINEWS)- Le dernier rapport du Panel d’experts des Nations unies sur Haïti (S/2025/597) met en cause la Brigade de surveillance des aires protégées (BSAP) dans plusieurs incidents, évoquant « l’ambiguïté entre son rôle de fournisseur informel de sécurité locale et les activités criminelles dans lesquelles nombre de ses agentes sont impliquées ».

Selon le document, la BSAP, une structure rattachée au ministère de l’Environnement, « comprend plusieurs unités opérant à travers le pays, pour la plupart hors du contrôle de l’État ». Le Panel relève que « des activités criminelles telles que la spoliation foncière et le trafic d’armes ont été régulièrement signalées » à son attention, notamment dans la région de Lascahobas.

Le rapport cite également un cas précis survenu en juillet 2025, où « des membres d’une unité de la BSAP et d’un groupe d’autodéfense ont volé un véhicule appartenant à une organisation humanitaire », les auteures ayant affirmé que le véhicule était requis « pour appuyer des opérations contre des gangs ».

Dans le même document, le Panel mentionne aussi des agentes de la BSAP tuées lors d’attaques de gangs — notamment l’assaut du site de Téléco à Kenscoff, en février 2025, où « un officier des FAd’H et deux agentes de la BSAP ont été tués». Cet épisode illustre la dualité du rôle de la brigade, parfois cible, parfois actrice de violence.

Le Panel souligne que la mise en œuvre du décret du 3 avril 2025, intégrant la BSAP à la lutte nationale contre les gangs, « demeure floue ». Cette incertitude, conjuguée au manque de supervision étatique, « alimente des dérives susceptibles de déboucher sur des violations des droits humains et des abus de pouvoir ».

Parallèlement aux constats du rapport onusien, de nouveaux incidents montrent que la BSAP reste au centre de vives controverses. Le samedi 8 novembre 2025, à Trou-du-Nord, une personne a été tuée lors d’un incident dans lequel la BSAP a été accusée d’implication. À la suite de ce meurtre, une tentative d’incendie a visé la résidence du chef de cette entité dans le Nord-Est, Wilner Moïse, frère de l’ancien président Jovenel Moïse. 

Selon plusieurs témoins cités par des sources locales et une video diffusée sur les réseaux sociaux, des agents de la BSAP ont ensuite menacé de “faire connaître des jours noirs au département”, créant un climat de forte tension à Trou-du-Nord, où la population exprime sa peur de nouvelles violences. Des incidents similaires ont également été signalés au Limbé (Nord) et à Terrier-Rouge (Nord-Est), où des civils ont dénoncé des comportements abusifs attribués à des membres de la brigade.

Les autorités locales n’ont pas encore communiqué officiellement sur ces faits.

 

 

 

.