WASHINGTON, mercredi 29 octobre 2025 (RHINEWS)– Le département de la Sécurité intérieure (Department of Homeland Security, DHS) a annoncé, dans un communiqué rendu public ce mercredi, une nouvelle règle provisoire qui met un terme à la pratique de la prolongation automatique des documents d’autorisation d’emploi pour les étrangers résidant aux États-Unis. À compter du 30 octobre 2025, les demandeurs d’un renouvellement de leur autorisation d’emploi (Employment Authorization Document, EAD) ne bénéficieront plus de cette extension automatique, sauf exceptions limitées prévues par la loi ou par avis officiel publié au Federal Register pour les bénéficiaires du Statut de protection temporaire (Temporary Protected Status, TPS). Cette réforme, selon le DHS, s’inscrit dans une politique visant à renforcer le filtrage et la vérification de tous les étrangers sollicitant l’autorisation de travailler sur le territoire américain.
Dans le communiqué, l’agence fédérale U.S. Citizenship and Immigration Services (USCIS), qui relève du DHS, souligne que cette décision met fin à une pratique administrative jugée trop permissive. « USCIS accorde désormais la priorité à un contrôle et à une vérification rigoureux des étrangers, en supprimant les politiques adoptées sous l’ancienne administration qui privilégiaient la commodité des étrangers au détriment de la sécurité et de la sûreté des Américains », a déclaré le directeur de l’agence, Joseph Edlow. « C’est une mesure de bon sens qui garantit que les vérifications nécessaires ont été effectuées avant qu’une autorisation d’emploi ne soit prolongée. Tous les étrangers doivent se rappeler que travailler aux États-Unis est un privilège, non un droit », a-t-il ajouté.
Cette décision met un terme à un dispositif longtemps utilisé par l’USCIS pour faciliter la continuité du travail des étrangers résidant légalement aux États-Unis. Jusqu’à présent, un étranger appartenant à certaines catégories – par exemple les demandeurs d’asile, les bénéficiaires du TPS, les réfugiés ou encore les titulaires d’un visa de travail temporaire – pouvait déposer une demande de renouvellement de son EAD avant l’expiration de celui-ci et bénéficier automatiquement d’une prolongation temporaire de validité. Ce mécanisme permettait au titulaire de continuer à exercer son activité professionnelle pendant le traitement de son dossier, évitant ainsi toute interruption d’emploi.
En mai 2022, l’USCIS avait déjà prolongé cette période d’extension automatique de 180 à 540 jours afin de compenser les retards dans le traitement des demandes. Cette mesure, officialisée en 2024 par une règle finale, avait été saluée par les employeurs et les associations de défense des immigrants qui y voyaient une solution pragmatique face aux délais administratifs croissants. Le nouveau dispositif, annoncé par le DHS, renverse donc cette logique et supprime désormais toute prolongation automatique, estimant qu’elle compromettait la capacité des autorités à assurer un contrôle régulier et approfondi des titulaires d’autorisations d’emploi.
Selon l’agence, la nouvelle règle permettra d’« accroître la fréquence du filtrage des étrangers qui demandent à travailler aux États-Unis », afin de « dissuader la fraude et de détecter les individus susceptibles de présenter une menace pour la sécurité publique ou nationale ». Les autorités expliquent que chaque demande de renouvellement fera désormais l’objet d’un examen complet avant toute décision, de manière à vérifier si le demandeur remplit toujours les conditions légales et sécuritaires pour bénéficier d’un emploi aux États-Unis. « En réexaminant plus souvent les antécédents des demandeurs, USCIS renforce sa capacité à identifier et à écarter ceux dont les intentions pourraient être malveillantes », peut-on lire dans le texte du communiqué.
Pour éviter les interruptions d’emploi, USCIS recommande vivement aux étrangers de soumettre leur demande de renouvellement de l’EAD dès que possible, jusqu’à 180 jours avant la date d’expiration inscrite sur leur document. L’agence précise néanmoins que la règle ne s’applique pas de manière rétroactive : « Cette règle provisoire ne s’applique pas aux autorisations d’emploi déjà prolongées automatiquement avant le 30 octobre 2025 », indique le communiqué.
Ce changement marque un tournant dans la politique d’immigration américaine, qui réaffirme la primauté de la sécurité nationale sur les considérations administratives et économiques. Le DHS estime que l’ancien système, bien que pratique pour les travailleurs étrangers et leurs employeurs, exposait le pays à des risques accrus de fraude documentaire et de maintien dans l’emploi de personnes ne répondant plus aux critères légaux. Pour l’administration actuelle, la fin de ces prolongations automatiques traduit la volonté de renforcer la confiance du public dans le système d’immigration et d’emploi en assurant un contrôle rigoureux à chaque étape.
Dans les milieux associatifs, certaines voix redoutent que cette mesure n’entraîne des interruptions massives d’emploi et des pertes de revenus pour des milliers de travailleurs étrangers, notamment ceux dont les demandes de renouvellement prennent plusieurs mois à être traitées. Mais pour le DHS, le renforcement des procédures est justifié par des impératifs de sécurité. « Cette politique vise à assurer que toute autorisation d’emploi repose sur une évaluation récente et complète de la situation du demandeur », souligne l’agence, précisant que les étrangers en situation régulière conservent le droit de travailler dès lors que leur renouvellement est approuvé dans les délais.
Le DHS rappelle enfin que les demandeurs peuvent consulter le site officiel de l’USCIS (uscis.gov) pour obtenir des informations détaillées sur la procédure de renouvellement, les délais de dépôt et les catégories concernées. Cette réforme, qui prend effet à la fin du mois d’octobre 2025, s’inscrit dans une série d’initiatives visant à renforcer les contrôles de sécurité aux frontières et à l’intérieur du territoire américain. Elle met ainsi fin à une politique d’extension automatique instaurée il y a plus d’une décennie et confirme la volonté du gouvernement fédéral de placer la vérification systématique au cœur de la gestion des autorisations d’emploi aux États-Unis.

