PORT-AU-PRINCE, mardi 24 février 2026 (RHINEWS)- Le Parti Fusion des Sociaux Démocrates Haïtiens (PFSDH/Fusion) a exprimé, dans une lettre ouverte adressée au Premier ministre Alix Didier Fils Aimé, sa « profonde préoccupation » face à l’initiative gouvernementale invitant les acteurs nationaux à signer un document présenté comme un pacte de gouvernabilité.
Dans cette correspondance datée du 23 février et signée par son secrétaire général, l’ingénieur Rosemond Pradel, le parti affirme que le document, « élaboré de façon unilatérale », comporte dans sa version circulant sur les réseaux sociaux « de nombreuses propositions inacceptables ».
Le PFSDH indique avoir « toujours cru » que « le dialogue franc et sincère est la meilleure voie permettant de résoudre pacifiquement les problèmes politiques ». Il juge « regrettable » que le chef du gouvernement ait choisi, selon ses termes, « d’imposer un pacte sans consultation sérieuse préalable ». Un tel accord, poursuit le parti, « aurait dû être le résultat d’une négociation avec les acteurs clés des secteurs politiques, économiques et de la société civile ».
Dans sa lettre, Fusion rappelle que le Premier ministre dirige l’exécutif « uniquement parce que les forces vives de la nation ont été incapables de se mettre d’accord sur une formule consensuelle pour le remplacement du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) », sous l’autorité duquel il devait initialement travailler au rétablissement de la sécurité et à l’organisation d’élections générales. Le parti estime que le chef du gouvernement « partage avec eux l’échec prévisible de cette phase de la transition ».
Tout en reconnaissant avoir considéré son maintien comme « la moins mauvaise solution à l’impasse politique du 7 février dernier », afin d’éviter « un vacuum à la tête de l’État », Fusion souligne que la conjoncture actuelle offre au Premier ministre « une opportunité de rassembler les Haïtiennes et les Haïtiens autour d’un projet commun de sortie durable de la crise ».
Le parti met en garde contre une méthode « d’adhésion à prendre ou à laisser », estimant qu’elle « risque de fragiliser considérablement » la démarche et de faire « perdre une fois de plus un temps précieux ». Il juge que la transition en cours ne devrait pas « répéter l’erreur de tenter d’attirer des sympathies en faisant miroiter un possible partage du pouvoir » au sein du gouvernement et des institutions publiques.
« Monsieur le Premier ministre, vous n’avez pas le droit à l’erreur. Le peuple haïtien est fatigué, la communauté internationale aussi est fatiguée », écrit le PFSDH, appelant à un retour « le plus rapidement possible au fonctionnement démocratique de nos institutions » et à la remise du pouvoir à « des élus librement choisis ».
Fusion estime enfin que le chemin emprunté par le chef du gouvernement est « parsemé d’embûches » et l’invite à « bien évaluer les expériences de ceux qui [l’]ont précédé » et à « changer d’orientation ». Sans « un dialogue franc et sérieux visant à construire un consensus suffisant », prévient le parti, « cette crise va hélas durer encore longtemps ».
Le PFSDH se dit toutefois disposé à s’engager dans « une démarche qui chita sur le respect, la transparence et la responsabilité collective », afin de rechercher un consensus national en vue de la sécurité et de l’organisation d’élections.

