NEW-YORK, lundi 14 juillet 2025 (RHINEWS) – Le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté lundi, à l’unanimité, une résolution prorogeant le mandat du Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH) jusqu’au 31 janvier 2026, soit pour une durée de six mois et demi. Cette extension, plus courte que les renouvellements annuels habituels, reflète l’incertitude persistante autour de l’avenir de la présence onusienne dans un pays confronté à une intensification de la violence des gangs et à une crise humanitaire sans précédent.
Créé en 2019, le BINUH est une mission politique censée accompagner les autorités haïtiennes dans la consolidation de la stabilité. Mais face à l’aggravation du contexte sécuritaire, la mission est jugée de plus en plus inadaptée. « Il n’avait pas vocation à opérer dans un environnement aussi hostile que celui que nous connaissons aujourd’hui », a reconnu Miroslav Jenča, Sous-Secrétaire général des Nations Unies, lors d’un exposé début juillet devant le Conseil de sécurité.
Dans la résolution, les membres du Conseil expriment leur volonté d’examiner « sans délai » les recommandations formulées par le Secrétaire général António Guterres dans une lettre datée du 24 février 2025. Ce document évoque plusieurs options, dont la création d’un Bureau d’appui des Nations Unies destiné à soutenir logistiquement et opérationnellement la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MSS), force non-onusienne dirigée par le Kenya.
Depuis l’assassinat du président Jovenel Moïse en juillet 2021, Haïti est en proie à une spirale de violence. Des gangs armés contrôlent aujourd’hui une grande partie de Port-au-Prince et étendent progressivement leur influence dans d’autres régions du pays. Les forces de sécurité, notamment la Police nationale d’Haïti (PNH), ainsi que la MSS, peinent à contenir les violences, en raison notamment d’un sous-équipement chronique et d’un manque de financement. Le mandat actuel de la MSS arrive à expiration début octobre.
« Malgré tous leurs efforts, la MSS et la police nationale d’Haïti n’ont pas réussi à restaurer l’autorité de l’État », a admis Miroslav Jenča, soulignant la gravité de la situation.
En attendant une éventuelle réorganisation du soutien international, le Secrétaire général a désigné un nouveau Représentant spécial pour Haïti. Carlos Ruiz Massieu, diplomate mexicain et ancien chef de la Mission des Nations Unies en Colombie, prendra ses fonctions à la tête du BINUH en août.
Le Conseil réaffirme dans sa résolution son engagement en faveur d’une solution « globale, prise en main et dirigée par les Haïtiens », s’attaquant aux causes profondes des multiples crises qui secouent actuellement le pays.

