WEST PALM BEACH, (FL) jeudi 19 mars 2026 (RHINEWS)- Une sous-commission de la Chambre des représentants des États-Unis chargée d’examiner des accusations d’ordre éthique visant la représentante démocrate Sheila Cherfilus-McCormick a rejeté ses demandes de report des procédures et de tenue d’audiences à huis clos, ouvrant la voie à une audience publique prévue le 26 mars.
La décision a été annoncée mercredi par les dirigeants bipartisans de la commission d’éthique de la Chambre, qui avaient mis en place en janvier une sous-commission juridictionnelle pour examiner cette affaire.
Les représentants Michael Guest, républicain du Mississippi, et Mark DeSaulnier, démocrate de Californie, ont indiqué que la sous-commission avait tenu une réunion à huis clos afin d’examiner les requêtes de l’élue.
« Après un examen approfondi, la sous-commission a voté à l’unanimité pour rejeter les deux motions », ont-ils déclaré dans un communiqué.
Ils ont ajouté que le dossier était examiné par la commission depuis septembre 2023, estimant qu’un nouveau report « ne servirait pas les intérêts de la justice ». Ils ont également souligné qu’une audience entièrement à huis clos « s’écarterait des précédents de la commission et limiterait la transparence publique autour de ces allégations graves ».
La sous-commission pourrait statuer rapidement sur le dossier. Selon les responsables, elle doit examiner lors de sa prochaine réunion une requête en jugement sommaire, dont le contenu sera rendu public la veille de l’audience.
Initialement prévue le 5 mars, l’audience avait été reportée de trois semaines après que l’avocat de l’élue s’est retiré du dossier, celle-ci ayant demandé un délai pour constituer une nouvelle équipe de défense.
Élue lors d’une élection partielle en janvier 2022 pour succéder à Alcee Hastings, décédé, Sheila Cherfilus-McCormick représente une circonscription couvrant des parties des comtés de Broward et de Palm Beach. Elle avait remporté la primaire démocrate de 2021 avec une avance de cinq voix après une campagne marquée par des dépenses importantes.
L’élue fait l’objet d’enquêtes depuis une grande partie de son mandat. En janvier, la commission d’éthique a indiqué que sa sous-commission d’enquête avait identifié des « éléments substantiels » corroborant les faits décrits dans un acte d’accusation pénal.
Elle a été inculpée en novembre, avec plusieurs coaccusés, pour des faits présumés de détournement de fonds publics, de blanchiment d’argent et d’infractions liées au financement de campagne, en lien avec des activités remontant à la période où elle dirigeait une entreprise familiale de services de santé pendant la pandémie de COVID-19.
Selon l’acte d’accusation, elle est notamment poursuivie pour complot en vue de détourner des fonds publics, blanchiment d’argent, utilisation de prête-noms pour des contributions politiques et fausse déclaration fiscale.
L’élue a rejeté l’ensemble des accusations et a plaidé non coupable dans la procédure pénale fédérale.
Dans le cadre de la procédure interne à la Chambre, la sous-commission d’enquête a recensé 27 chefs d’accusation potentiels, évoquant notamment des contributions de campagne illégales, des irrégularités dans les déclarations financières, l’octroi de faveurs liées à des financements publics et un mélange de fonds personnels et de campagne.
Le rapport mentionne également des soupçons de blanchiment de fonds liés à l’entreprise Trinity Health Care Services, ainsi que des contributions politiques illicites impliquant une société étrangère.
Les enquêteurs indiquent avoir examiné plus de 33 000 documents, émis 59 assignations à comparaître et interrogé 28 témoins. Ils précisent que l’élue a initialement fourni certains documents, avant d’invoquer son droit constitutionnel de ne pas s’auto-incriminer lors d’une convocation ultérieure.
Dans une requête déposée en janvier, son avocat avait demandé l’abandon ou la suspension de la procédure interne, invoquant le risque que celle-ci « compromette ses droits constitutionnels » dans le cadre du procès pénal en cours.
La commission d’éthique a néanmoins décidé de poursuivre la procédure, estimant que les éléments recueillis justifient la tenue d’une audience publique et la poursuite de l’examen du dossier

