Le chargé d’affaires américain en Haïti réaffirme la détermination de Washington à sanctionner les soutiens des gangs et à hâter le déploiement de la force multinationale…

Henry T. Wooster, charge d'affaires americain en Haiti...

PORT-AU-PRINCE, vendredi 24 octobre 2025 (RHINEWS)- Le chargé d’affaires des États-Unis en Haïti a réitéré la fermeté de la politique américaine à l’égard des individus et anciens responsables politiques haïtiens accusés de financer ou de soutenir les gangs terroristes qui déstabilisent le pays.

Dans une déclaration diffusée dans le cadre du programme « Pause Café », il a affirmé que Washington « tient pour responsables ceux qui appuient les gangs terroristes et sapent le gouvernement haïtien », y compris « d’anciens fonctionnaires vivant aux États-Unis et leurs enfants, même ceux étudiant sur le sol américain ».

Le diplomate a insisté sur la nécessité pour Haïti d’être dirigée par « des responsables qui se soucient du pays et de son peuple », tout en reconnaissant « l’impatience légitime de la population » face au déploiement de la Force multinationale de soutien à la sécurité, désormais appelée Force internationale de lutte contre les gangs (GSF).

Il a souligné que « la mise en place d’une force de plus de 5 000 soldats et agents, avec ses appuis logistiques et militaires, exige du temps », assurant toutefois que « les États-Unis font tout leur possible pour permettre son arrivée rapide ».

Cette déclaration intervient alors que les États-Unis intensifient leurs sanctions contre les individus impliqués dans la corruption, le trafic de drogue, le blanchiment d’argent ou le soutien aux organisations criminelles en Haïti. Le Département du Trésor, par l’intermédiaire de l’Office of Foreign Assets Control (OFAC), a en effet adopté une série de mesures depuis 2022 visant des responsables politiques, hommes d’affaires et chefs de gangs accusés d’alimenter la violence.

Parmi les personnalités haïtiennes sanctionnées figurent l’ancien président Michel Joseph Martelly, l’ancien sénateur et président du Sénat Joseph Lambert, et son homologue Youri Latortue, tous trois visés pour trafic de stupéfiants et corruption. D’autres figures politiques, comme l’ancien député Gary Bodeau, l’ancien sénateur Rony Célestin et l’ancien parlementaire Richard Hervé Fourcand, ont été épinglées pour participation à des réseaux de corruption et de trafic de drogue à grande échelle.

Les États-Unis ont également désigné plusieurs chefs de gangs notoires, dont Vitel’homme Innocent, Johnson “Izo” André, Renel Destina et Wilson Joseph, alias Lanmò Sanjou, accusés d’actes de terreur, d’enlèvements, de meurtres et de violations graves des droits humains.

Plus récemment, en septembre 2025, Dimitri Hérard, ancien responsable de la sécurité présidentielle, et Kempes Sanon, homme d’affaires influent, ont été sanctionnés en vertu du décret exécutif 13224 pour leur soutien à l’organisation terroriste Viv Ansanm.

Ces mesures s’inscrivent dans la stratégie globale de Washington visant à isoler les acteurs considérés comme responsables du chaos sécuritaire et institutionnel en Haïti.

« Les États-Unis continueront à agir contre tous ceux, où qu’ils se trouvent, qui financent ou encouragent les activités criminelles menaçant la stabilité et la démocratie en Haïti », a déclaré le chargé d’affaires, rappelant que la restauration de la sécurité et de la gouvernance demeure « une priorité commune » entre Haïti et ses partenaires internationaux.