Himmler Rébu met en garde contre « les pièges » de l’article 149 de la Constitution amendée…

Himmler Rébu, Dirigeant du GREH

PORT-AU-PRINCE, jeudi 19 février 2026 )RHINEWS)- L’ex-colonel haïtien et président du Grand Rassemblement pour l’Évolution d’Haïti (GREH), Himmler Rébu, a exprimé sa « perplexité » face à l’application de l’article 149 de la Constitution amendée, estimant que cette disposition comporte des « énormités labyrinthiques » susceptibles de fragiliser la transition en cours.

Dans un texte intitulé « PERPLEXITÉ No 32 – Les pièges du 149 », il affirme que « la belle machine pilotée par le PM Alix Didier Fils-Aimé qui avait démarré sur les chapeaux de roues le 7 février semble, brusquement, accuser un coup de froid ». Selon lui, « 12 jours après le 7 février, c’est le calme plat », suggérant que les responsables du nouveau pouvoir auraient pris la mesure des implications juridiques de l’article 149.

Citant le texte constitutionnel relatif à la vacance présidentielle, Rébu souligne d’abord une ambiguïté rédactionnelle. Il estime que les rédacteurs ont omis de préciser qu’il s’agit du président en tant que personne physique, et non de l’institution présidentielle. « En tant qu’institution, celle-ci ne peut pas “démissionner, être destituée, mourir, être frappée d’incapacité physique ou mentale dûment constatée”. Ce n’est pas un détail ! », écrit-il, considérant qu’un texte constitutionnel « ne peut laisser de place à l’interprétation ».

L’ancien officier analyse ensuite la disposition selon laquelle « le Conseil des Ministres, sous la présidence du Premier Ministre, exerce le Pouvoir Exécutif jusqu’à l’élection d’un autre Président ». À son avis, cette formulation instaure un pouvoir collégial dont aucun membre ne disposerait d’une autorité supérieure. « Aucun des membres de ce collège n’a plus de pouvoirs qu’un autre », affirme-t-il, ajoutant que le texte ne précise pas les modalités de prise de décision ni la possibilité pour le Premier ministre de révoquer un ministre. Il en conclut qu’« une recomposition du cabinet ministériel est impossible en dehors d’un coup de force ».

Rébu relève également que l’article prévoit l’organisation d’une élection présidentielle « pour le temps qui reste à courir » dans un délai de 60 à 120 jours après l’ouverture de la vacance. Il soutient que, « dans le cas présent, le mandat du CPT étant arrivé à son terme, on ne peut pas élire un autre Président, pour le temps qui reste à courir, puisqu’il n’y en a pas ». Il insiste en outre sur le caractère impératif du délai de 120 jours, sans possibilité de prorogation, et s’interroge : « Que se passera-t-il donc le matin du 7 juin 2026 ? »

L’ex-colonel indique avoir alerté le Premier ministre trois jours avant le 7 février afin de lui soumettre son interprétation de l’article 149. « Je ne sais pas si mon message lui était parvenu », écrit-il, posant la question d’un éventuel redressement de la situation « avec qui et comment ».

Par ailleurs, Himmler Rébu dit regretter la position du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ), évoquant notamment un communiqué de neutralité. Il estime que « nos juges par deux fois n’ont pas pris le recul nécessaire » et considère que, si le juge Lebrun avait reçu le sénateur Jean Renel Sénatus, « c’était une faute », et que s’il a « cédé à une pression diplomatique en publiant le communiqué de neutralité du CSPJ c’était, à [son] sens, une erreur ».

Se déclarant partisan, depuis le 11 mars 2024, d’« une présidence issu de la Cour de cassation à partir d’un accord politique », le président du GREH conclut en mettant en garde contre une répétition des erreurs passées dans la gestion de la transition institutionnelle.