Hillary Clinton accuse l’administration Trump de « dissimulation » dans le dossier Epstein…

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BERLIN, mardi 17 février 2026 (RHINEWS)- L’ancienne secrétaire d’État américaine Hillary Clinton a accusé l’administration du président Donald Trump d’opérer une « dissimulation » dans la gestion des documents liés au financier déchu Jeffrey Epstein, lors d’un entretien accordé à la BBC à Berlin, en marge du Forum mondial annuel. « Publiez les dossiers. Ils traînent les pieds », a-t-elle déclaré, estimant que la diffusion des documents était insuffisante.

Début février, le United States Department of Justice (DoJ) a rendu publics des millions de nouveaux documents relatifs à l’enquête sur Epstein, en application d’une loi adoptée par le Congrès imposant la divulgation de ces éléments. Le ministère a précisé que trois millions de pages supplémentaires n’avaient pas été publiées en raison de la présence de dossiers médicaux personnels, de descriptions explicites d’abus sur mineurs ou d’autres contenus susceptibles de compromettre des investigations en cours.

Le DoJ affirme avoir satisfait aux exigences de l’« Epstein Files Transparency Act », mais plusieurs élus jugent la publication incomplète. Le représentant républicain du Kentucky Thomas Massie, co-auteur du texte, a appelé à la divulgation de notes internes détaillant les décisions passées concernant d’éventuelles poursuites contre Epstein et ses associés. La Maison Blanche a répliqué que la publication de milliers de pages et la coopération avec la commission de contrôle de la Chambre constituaient un effort sans précédent en faveur des victimes.

Interrogée sur l’éventualité d’une audition d’Andrew Mountbatten-Windsor devant une commission du Congrès, Mme Clinton a répondu : « Je pense que toute personne invitée à témoigner devrait le faire. » Elle a souligné que figurer dans les dossiers ne constituait pas une preuve d’infraction. Andrew a toujours nié tout acte répréhensible. La commission ne dispose toutefois pas du pouvoir de le contraindre à comparaître, contrairement aux époux Clinton qui ont accepté de témoigner le mois dernier.

Bill Clinton doit être entendu le 27 février, tandis que son épouse comparaîtra la veille. Un vote visant à les déclarer coupables d’outrage au Congrès pour leur refus initial de se présenter a été suspendu après leur accord. Ce sera la première fois depuis Gerald Ford, en 1983, qu’un ancien président américain témoignera devant une commission parlementaire. Hillary Clinton a plaidé pour une audition publique plutôt qu’à huis clos : « Nous serons présents, mais il serait préférable que cela se déroule en public. » Elle a ajouté : « Nous n’avons rien à cacher. Nous demandons depuis longtemps la publication complète des dossiers. La lumière est le meilleur désinfectant. »

Le président de la commission, le républicain James Comer, a accusé les Clinton d’avoir cherché à retarder leur audition avant de « céder » face à la menace d’un vote pour outrage. Mme Clinton a estimé que son mari et elle étaient utilisés pour détourner l’attention de Donald Trump, déclarant : « Regardez cet objet brillant. On va faire venir les Clinton, même Hillary Clinton, qui n’a jamais rencontré cet homme. » Elle a toutefois reconnu avoir croisé à quelques reprises Ghislaine Maxwell, associée d’Epstein condamnée par la justice américaine.

Jeffrey Epstein s’est suicidé le 10 août 2019 dans une prison de New York, où il était détenu sans possibilité de libération sous caution dans l’attente de son procès pour trafic sexuel. Il avait été condamné plus d’une décennie auparavant pour sollicitation de prostitution auprès d’une mineure et enregistré comme délinquant sexuel. Donald Trump, mentionné dans les dossiers, a réaffirmé n’avoir « rien à cacher » et avoir rompu tout contact avec Epstein « il y a des décennies ». « J’ai été disculpé. Je n’ai rien à voir avec Jeffrey Epstein », a-t-il déclaré à la BBC à bord d’Air Force One, tandis que le DoJ a par ailleurs indiqué que certaines allégations le visant étaient « infondées et fausses ».