PORT-AU-PRINCE, mercredi 12 novembre 2025 (RHINEWS)– Plusieurs partis et regroupements politiques, organisations étudiantes, structures religieuses, associations de la diaspora haïtienne, syndicats, représentants de la société civile et personnalités indépendantes ont signé un nouveau document baptisé « Consensus politique pour le redressement national et la réorientation de la transition », présenté comme une tentative de sortie de l’impasse dans laquelle s’enlise la gouvernance transitoire en Haïti.
Dans son préambule, le texte affirme que les signataires agissent « vu la Constitution en vigueur » et « conformément à la loi du 16 janvier 2014 sur la formation, le fonctionnement et le financement des partis politiques ». Il invoque en outre la résolution 2793 (S/RES/2793) du Conseil de sécurité des Nations Unies, adoptée le 30 septembre 2025, autorisant la mise sur pied d’une Force onusienne de Répression des Gangs (FRG) pour appuyer les autorités haïtiennes dans la lutte contre l’insécurité.
Le document se réfère explicitement à l’Accord politique du 3 avril 2024, considéré comme l’acte fondateur du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), institué pour restaurer la sécurité publique, conduire des réformes institutionnelles et organiser des élections générales avant le 7 février 2026.
Cependant, les signataires estiment que ces engagements n’ont pas été respectés. « Les obligations prévues par l’Accord du 3 avril et le Décret du 12 avril 2024 n’ont pas été remplies », lit-on dans le document, qui constate que « la transition en cours se trouve aujourd’hui dans une impasse constitutionnelle, institutionnelle et électorale risquant d’aggraver davantage le vide politique et la souffrance de la population ».
Le texte rappelle en outre que, selon l’article 13 de l’Accord du 3 avril 2024, « le Conseil présidentiel ne peut bénéficier d’une prolongation de son mandat qui démarre à la date de sa prestation de serment », une disposition également reprise à l’article 10 du décret du 12 avril 2024.
Dans un diagnostic sévère, les auteurs du consensus évoquent « l’effondrement de la sécurité nationale, l’aggravation de la crise humanitaire, la détérioration dramatique des conditions économiques et sociales ainsi que l’exacerbation des violences armées à l’encontre de la population ». Ils estiment que ces facteurs « imposent une redéfinition urgente et concertée de la transition politique ».
Le Consensus politique pour le redressement national et la réorientation de la transition propose notamment la mise en place d’un exécutif bicéphale, composé d’un Président et d’un nouveau Premier ministre, chargés de conduire la prochaine phase de la transition et de préparer le retour à l’ordre constitutionnel.
Enfin, le texte rejette catégoriquement toute prolongation ou maintien, sous quelque forme que ce soit, du Conseil présidentiel de transition au-delà du 7 février 2026, marquant une volonté nette de rupture avec le cadre politique actuel et l’ouverture d’un nouveau cycle de gouvernance transitoire.

