PORT-AU-PRINCE, jeudi 12 février 2026 (RHINEWS)- L’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) a appelé à la formation d’un consensus national en Haïti afin de favoriser la stabilité institutionnelle et de créer les conditions nécessaires à la tenue d’élections, à l’issue du mandat du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), arrivé à terme le 7 février 2026.
Dans un communiqué de presse, l’OIF rappelle que « conformément aux dispositions de l’Accord politique du 3 avril 2024 et du décret instituant le Conseil Présidentiel de Transition (CPT), le mandat de celui-ci a pris fin le 7 février 2026 ».
L’organisation indique constater « avec préoccupation » que, « malgré un regain de la dynamique de dialogue inter-haïtien ces dernières semaines, la fragmentation et les divisions persistantes de la classe politique nationale n’ont pas permis, à ce stade, de faire émerger un consensus suffisamment large et inclusif ». Elle souligne qu’un tel consensus « demeure pourtant indispensable pour favoriser la stabilité institutionnelle du pays et améliorer les conditions de vie des populations, déjà gravement affectées par la violence des gangs ».
Évoquant « ce moment délicat de l’histoire de la République d’Haïti », l’OIF encourage les acteurs nationaux « à tirer les leçons du passé, récent comme plus ancien, à dépasser leurs différends ainsi que leurs intérêts personnels et partisans, et à privilégier l’intérêt supérieur du pays et du peuple haïtien ».
L’organisation « prend acte qu’en l’absence persistante d’un accord, le pouvoir est assuré depuis le 7 février 2026 par le Conseil des ministres, sous la présidence de l’actuel Premier ministre ». Elle réaffirme son engagement en faveur de la sécurité et du dialogue politique, indiquant demeurer « pleinement engagée en soutien à la mise en place de la Force de répression des gangs (FRG-GSF) » et rester disponible pour continuer à faciliter les efforts des parties prenantes.
L’OIF précise que cette facilitation est menée « comme le fait depuis 2025 l’Envoyé spécial de la Secrétaire générale de la Francophonie, en coordination avec les autres partenaires », afin de permettre « d’aboutir à une solution durable, au bénéfice de la stabilité politique, de la sécurité et de la paix en Haïti, ainsi que dans la perspective de la tenue d’élections ».
Avec l’appui de plusieurs ambassades accréditées à Port-au-Prince, Alix Didier Fils-Aimé a été réinvesti le 7 février dernier comme Premier ministre et assure depuis lors la conduite exclusive du pouvoir exécutif, en l’absence d’un président de la République. Cette configuration institutionnelle intervient sans qu’un nouvel accord politique national n’ait formellement défini la durée de son mandat ni la feuille de route qu’il est appelé à mettre en œuvre, dans un contexte marqué par la fin du mandat du Conseil Présidentiel de Transition. Cette situation consacre de fait une concentration des prérogatives exécutives entre les mains du chef du gouvernement, rompant avec le principe d’un Exécutif bicéphale régulièrement invoqué dans les textes et résolutions relatifs à la transition.
Organisation multilatérale fondée sur le partage de la langue française et des valeurs communes, l’OIF regroupe 90 États et gouvernements, dont 53 membres, 5 membres associés et 32 observateurs.

