PORT-AU-PRINCE, lundi 23 février 2026 (RHINEWS)- Le Forum Haïtien pour la paix et le développement durable a adressé une correspondance au Secrétaire général de l’Organisation des États Américains (OEA), Albert Ramdin, plaidant pour « un vrai consensus d’une issue souveraine à la crise haïtienne » et le « rejet de toute ingérence décisionnelle ».
Dans cette lettre, transmise à l’attention du chef de l’organisation hémisphérique à Washington, le Forum et ses partenaires se disent « très préoccupés par le mode de traitement appliqué [par] la communauté internationale dont la CARICOM à la crise haïtienne, qui privilégie une approche non intégrative des parties haïtiennes ». Les signataires affirment s’exprimer « en tant que citoyens(nes) engagés(es) dans la diaspora, conscients de la gravité de l’heure et de la responsabilité historique qui incombe à notre génération ».
Le document souligne que « depuis trop longtemps, Haïti traverse une zone de turbulences qui menace les fondements mêmes de notre nation », estimant que les « solutions importées » ont conduit par le passé à « une stabilisation précaire, sans jamais traiter les racines du mal ». Selon le Forum, « l’impératif d’une solution haïtienne s’impose non pas comme une option, mais comme la seule voie viable ».
La correspondance mentionne plusieurs initiatives locales, notamment « les Assises de Montana du 3 au 5 février », présentées comme des efforts visant à « définir un mode de gouvernance spécifique, une feuille de route crédible et des mécanismes de reddition des comptes, dans un cadre transparent et participatif ».
Parmi les principes avancés figure le « consensus citoyen ». « La crise ne peut être résolue par des accords de sommet entre quelques acteurs politiques », écrivent les signataires, appelant à « un véritable dialogue inclusif, impliquant la société civile, les secteurs productifs et les forces vives du pays » afin de « définir une transition stable et organiser les élections ».
Le Forum insiste également sur « le rejet de l’ingérence décisionnelle », rappelant que « le droit à l’autodétermination est au cœur de la charte de l’OEA » et demandant à l’organisation de « respecter la capacité du peuple haïtien à définir ses propres mécanismes de gouvernance sans diktat extérieur ». Il met en avant la « restauration des institutions » comme priorité, afin de rebâtir « un État de droit capable d’organiser des élections crédibles, honnêtes et transparentes ».
« Nous ne demandons pas à l’OEA de résoudre nos problèmes à notre place, mais de reconnaître, de respecter et de faciliter la légitimité des initiatives sur le terrain », précise la lettre, ajoutant que « la démocratie ne peut être parachutée ; elle doit germer du sol national pour être durable ». Le document est signé par Samuel Colin, présenté comme président du Forum Haïtien pour la paix et le développement durable.

