PORT-AU-PRINCE, lundi 15 septembre 2025 (RHINEWS) – Lors d’un échange informel ce lundi, le chargé d’affaires américain en Haïti, l’ambassadeur Eric Stromayer Wooster, a détaillé les efforts de Washington pour soutenir la stabilisation du pays et lutter contre l’emprise des gangs armés.
Dans un message relayé par l’ambassade américaine sur X (anciennement Twitter), le diplomate a rappelé que les États-Unis « soutiennent la mise en place d’une force de répression des gangs soutenue par les Nations unies ». Cette nouvelle mission multinationale, appelée à succéder à la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MSS), « comptera plus de 5 000 personnes — soit cinq fois plus que les effectifs actuellement déployés », a-t-il précisé.
L’ambassadeur Wooster a également insisté sur la fermeté de Washington à l’égard des réseaux criminels. « La sécurité et la stabilité d’Haïti sont importantes pour les États-Unis », a-t-il déclaré, ajoutant que les gangs ont été officiellement désignés comme organisations terroristes étrangères par les autorités américaines. Il a rappelé que son gouvernement « révoque systématiquement les visas de ceux qui soutiennent les gangs terroristes en Haïti » et qu’il exige que « les trafiquants, ceux qui financent les gangs et les acteurs politiques impliqués rendent compte de leurs actes ».
Ces déclarations interviennent alors que le Conseil de sécurité des Nations unies poursuit ce lundi à New York les négociations autour d’un projet de résolution déposé par les États-Unis et le Panama. Le texte propose de transformer la MSS, actuellement dirigée par le Kenya, en une mission multinationale spécifiquement mandatée pour combattre les gangs armés, avec la création parallèle d’un Bureau d’appui des Nations unies chargé d’accompagner cette nouvelle structure.
La communauté internationale suit ces discussions avec une attention particulière, dans un contexte marqué par la multiplication des massacres et l’expansion territoriale de la coalition Viv Ansanm, officiellement désignée par l’ONU comme organisation terroriste. Ces violences, qui frappent Port-au-Prince, l’Arcahaie et l’Artibonite, confirment l’effondrement des mécanismes de protection de la population civile et renforcent la perception d’une menace régionale.
Toutefois, plusieurs voix critiques soulignent que l’action des États-Unis reste insuffisante face à la gravité de la crise. Si des sanctions, des restrictions de visas et un appui diplomatique sont en place, « les chefs des organisations terroristes continuent de massacrer impunément la population haïtienne », relèvent des observateurs locaux. Le défi central reste donc la capacité de la future mission internationale à neutraliser les commandements de gangs qui dictent encore leur loi sur le terrain.

