Groenland : Stephen Miller réaffirme l’argument sécuritaire, critiques au Congrès et mises en garde de Copenhague…

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WASHINGTON, samedi 17 janvier 2026 (RHINEWS)- Un haut responsable de la Maison-Blanche a réitéré que l’acquisition du Groenland serait « essentielle » à la sécurité nationale des États-Unis, relançant un débat qui suscite de vives réactions au Congrès américain et des avertissements de la part du Danemark.

S’exprimant sur Fox News, le chef de cabinet adjoint de la Maison-Blanche, Stephen Miller, a soutenu que la compétition internationale se déplaçait vers les régions polaires. « Le nouveau domaine de la concurrence internationale va être la compétition polaire », a-t-il déclaré, évoquant l’importance stratégique du contrôle des voies de navigation et des mouvements dans l’Arctique face aux « adversaires et rivaux » des États-Unis.

M. Miller a également affirmé que le Danemark ne serait pas en mesure d’assurer la défense du Groenland, territoire autonome sous souveraineté danoise. « Pour contrôler un territoire, il faut être capable de le défendre, de l’améliorer et de l’habiter. Le Danemark a échoué à chacun de ces tests », a-t-il dit, estimant en outre que Washington supportait déjà « des centaines de milliards de dollars » pour la défense du Danemark en tant qu’allié de l’OTAN. « C’est un mauvais accord, un accord injuste, et surtout injuste pour le contribuable américain », a-t-il ajouté.

Le conseiller politique du président a par ailleurs jugé peu probable qu’un affrontement militaire oppose les États-Unis à un autre pays au sujet du Groenland.

Ces déclarations ont toutefois suscité des critiques de la part de nombreux élus, démocrates comme républicains. Les sénateurs républicains Thom Tillis (Caroline du Nord) et Lisa Murkowski (Alaska) se sont rendus vendredi au Groenland pour rencontrer des responsables danois. « Il ne fait aucun doute que le Danemark accueille favorablement la présence américaine au Groenland pour dissuader l’agression russe et chinoise dans l’Arctique », a écrit M. Tillis sur le réseau social X, tout en appelant à « travailler avec le Danemark et nos alliés de l’OTAN ».

Avant ce déplacement, le sénateur Tillis avait averti qu’une intervention militaire visant à prendre le contrôle du territoire « rencontrerait une opposition substantielle au Congrès ». « Ceux qui continuent de dire au président que cette idée est réalisable ne devraient pas être à Washington », a-t-il ajouté.

À la Chambre des représentants, le républicain Don Bacon (Nebraska) a qualifié l’idée d’une prise de contrôle militaire de « vraiment stupide », tandis que le démocrate Pete Aguilar (Californie) a dénoncé des propos « totalement débridés ». « Ils menacent un allié de l’OTAN, le Groenland et le Danemark, et c’est profondément frustrant », a-t-il déclaré.

À Copenhague, les autorités danoises ont indiqué prendre ces propos au sérieux. Dans une interview à la chaîne TV2, reprise par Bloomberg, la Première ministre Mette Frederiksen a averti que si les États-Unis engageaient une action militaire, « tout s’arrêterait, y compris l’OTAN et donc la sécurité établie depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale ».

Lors de précédentes prises de position, l’administration Trump avait indiqué avoir proposé jusqu’à 700 milliards de dollars pour acheter le Groenland, soit environ 12,2 millions de dollars par habitant. Le président Donald Trump avait également affirmé que l’acquisition pourrait se faire « de manière pacifique ou par la force », assurant que « toutes les options sont sur la table ».