WASHINGTON, 25 juin 2025 (RHINEWS)— L’administration Trump prévoit de rejeter les demandes d’asile de centaines de milliers de migrants et de les rendre immédiatement expulsables, dans le cadre d’un nouveau durcissement de la politique migratoire, ont confié deux sources proches du dossier à CNN.
Ce projet viserait les personnes entrées illégalement aux États-Unis qui ont ensuite déposé une demande d’asile. Ces dossiers seraient clôturés sans audience, exposant les demandeurs à une expulsion accélérée sans passer devant un juge de l’immigration. Selon des données fédérales, près d’un quart de million de demandeurs d’asile ont déclaré être entrés sans autorisation.
Une note interne du Département de la Sécurité intérieure (DHS), obtenue par CNN, autorise désormais l’agence des services de citoyenneté et d’immigration (USCIS), habituellement chargée des bénéfices migratoires, à initier des procédures d’expulsion express et à appliquer des sanctions civiles ou pénales. Il s’agit d’un changement radicaldans la mission historique de l’USCIS.
Interrogé, le porte-parole de l’agence, Matthew Tragesser, a confirmé que le président Trump et la secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, avaient donné instruction à l’USCIS d’utiliser « tous les outils à disposition pour garantir l’intégrité du système d’immigration ».
Actuellement, environ 1,45 million de dossiers de demande d’asile affirmatif sont en attente. Jusqu’ici, seuls les services d’immigration (ICE et CBP) disposaient de l’autorité pour mener des expulsions. Désormais, l’USCIS jouerait un rôle central dans les renvois rapides, suscitant une vive inquiétude chez les défenseurs des droits.
« On transforme une agence censée délivrer des bénéfices en un bras armé de la répression », dénonce Sarah Mehta de l’Union américaine pour les libertés civiles (ACLU). Des associations comme le Asylum Seeker Advocacy Project alertent sur l’impact pour des migrants intégrés depuis des années, travaillant légalement et contribuant à l’économie.
« Rejeter ces demandes d’asile sans traitement équitable va nuire à ces familles, à leurs employeurs et à leurs communautés », a déclaré Conchita Cruz, codirectrice du groupe.
Le syndicat des employés de l’USCIS a aussi pris position : « Nous nous opposons à toute politique violant les droits fondamentaux garantis par la loi américaine et le droit international », a réagi Michael Knowles, vice-président de l’AFGE Council 119.
Ce plan intervient alors que l’administration Trump tente d’atteindre des records d’arrestations migratoires. Il fait suite à l’expansion en début d’année des expulsions rapides à toute personne incapable de prouver une présence continue de deux ans sur le territoire.
Aucune date n’a été fixée pour la mise en œuvre du dispositif.
Tiré d’un article de Priscilla Alvarez, publié initialement en anglais sur: https://www.cnn.com/2025/06/25/politics/trump-administration-asylum-deportation-plan

