LA HAVANE, mardi 17 mars 2026 (RHINEWS)- L’administration de Donald Trump fait pression pour que le président cubain Miguel Díaz-Canel quitte le pouvoir, dans le cadre de négociations en cours entre les États-Unis et Cuba, rapporte le New York Times en citant quatre sources proches des discussions.
« Selon ces sources, les Américains ont fait savoir aux négociateurs cubains que le président devait partir, mais laissent aux Cubains le soin de décider de la suite des événements », indique le quotidien new-yorkais.
Toujours selon ces informations, le départ de Miguel Díaz-Canel, au pouvoir depuis 2018, n’impliquerait pas nécessairement un changement de régime, le gouvernement communiste en place depuis plus de six décennies devant rester en fonction.
Washington estime qu’une telle éviction pourrait favoriser des réformes économiques structurelles, auxquelles le président cubain, décrit comme conservateur, ne serait pas favorable, selon les sources citées.
Cuba a confirmé vendredi être engagé dans des pourparlers avec les États-Unis et a annoncé la libération de prisonniers politiques dans le cadre d’un accord avec le Vatican, médiateur historique entre les deux pays.
Après avoir longtemps nié l’existence de contacts, La Havane reconnaît désormais ces discussions, tandis que Donald Trump multiplie les déclarations offensives. « Cuba souhaite également conclure un accord, et je pense que très bientôt, soit nous parviendrons à un accord, soit nous ferons ce qu’il faut », a-t-il déclaré dimanche.
Le président américain a réitéré ses propos lundi, affirmant « croire » qu’il « aura l’honneur de prendre Cuba », avant d’évoquer la possibilité de « prendre d’une manière ou d’une autre » l’île et de la « libérer », lors d’un échange avec la presse dans le bureau Ovale.
Depuis janvier, Washington impose un blocus énergétique de facto à Cuba, invoquant une « menace exceptionnelle » pour la sécurité nationale américaine que représenterait l’île, située à environ 150 kilomètres des côtes de la Floride.
Dans ce contexte, Cuba a été touchée lundi par une panne d’électricité généralisée. « Une déconnexion totale du Système électro-énergétique national s’est produite », a indiqué sur X l’Union électrique de Cuba, précisant que « les protocoles de rétablissement commencent à être mis en œuvre ».
Le pays, peuplé de 9,6 millions d’habitants, subit depuis plus de deux ans des coupures récurrentes, parfois durant plusieurs jours. Cette nouvelle panne, la sixième depuis octobre 2024, intervient dans un contexte de crise énergétique aggravée.
Les livraisons de pétrole en provenance du Venezuela, principal fournisseur de l’île, sont interrompues depuis deux mois, tandis que Washington menace de sanctionner tout pays qui continuerait à approvisionner Cuba.
Face à cette situation, les autorités cubaines ont instauré un rationnement strict de l’essence, affectant l’ensemble de l’économie.
La Havane accuse de son côté l’administration Trump de vouloir « asphyxier » le pays, soumis à un embargo américain depuis 1962 et récemment renforcé.
Parallèlement, le gouvernement cubain a annoncé l’ouverture prochaine de son économie aux investissements de sa diaspora. « Cuba est disposé à avoir une relation commerciale fluide avec les entreprises américaines » ainsi qu’« avec les Cubains résidant aux États-Unis et leurs descendants », a déclaré le vice-premier ministre et ministre du Commerce extérieur, Oscar Pérez-Oliva Fraga.
Il a précisé que ces investisseurs pourront « détenir leur propre entreprise sur l’île », sans fournir davantage de détails sur les modalités de cette mesure.

