Centrafrique : le Conseil de sécurité de l’ONU examine la situation politique et sécuritaire à l’approche des élections de décembre…

Drapeau de la République du Centre Afrique (RCA)…

NEW-YORK, lundi 27 octobre 2025 (RHINEWS)— Le Conseil de sécurité des Nations Unies tiendra, mardi 28 octobre, une séance publique consacrée à la situation en République centrafricaine (RCA), suivie de consultations à huis clos, a indiqué le Conseil dans un communiqué.

Selon la même source, la Représentante spéciale du Secrétaire général pour la Centrafrique et cheffe de la MINUSCA, Valentine Rugwabiza, présentera un exposé fondé sur le dernier rapport du Secrétaire général, daté du 13 octobre et couvrant la période du 13 juin au 13 octobre 2025. La République centrafricaine participera à la séance en vertu de la règle 37 du règlement intérieur provisoire du Conseil.

À deux mois des élections locales, législatives et présidentielles prévues pour le 28 décembre, la réunion devrait mettre l’accent sur les moyens de garantir un scrutin libre, transparent et pacifique. Le rapport du Secrétaire général souligne que le gouvernement centrafricain a déjà mobilisé 7,8 millions de dollars supplémentaires pour l’organisation des élections, portant son apport total à près de 15 millions, mais qu’un déficit de financement de 12,4 millions de dollars demeure. « Mme Rugwabiza pourrait réitérer son appel à un soutien financier urgent de la communauté internationale », précise le communiqué, tout en rappelant l’importance du scrutin pour la consolidation de la paix et de la stabilité dans le pays.

Le Conseil de sécurité note également les préoccupations exprimées par l’opposition, notamment le Bloc républicain pour la défense de la Constitution du 30 mars 2016 (BRDC), concernant le manque d’inclusivité du processus électoral. Malgré des discussions initiées en septembre par le Premier ministre Félix Moloua, « le dialogue politique reste bloqué en raison de divergences sur les modalités des échanges », selon le rapport.

Le Conseil examinera aussi la mise en œuvre de l’Accord politique pour la paix et la réconciliation (APPR-RCA) de 2019. Le rapport salue la décision des groupes armés 3R (Retour, Réclamation et Réhabilitation) et UPC (Unité pour la paix en Centrafrique) de cesser les hostilités et de réintégrer l’accord, décision officialisée lors d’une réunion le 10 juillet à Bangui, en présence d’une délégation du Tchad, facilitateur de l’accord. La MINUSCA poursuit son appui technique et logistique aux opérations de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR) des ex-combattants.

Selon les informations du Secrétaire général, la situation sécuritaire s’est améliorée dans le centre et l’ouest du pays depuis la trêve, avec une baisse de 16 % des incidents violents. Cependant, l’insécurité persiste à l’est et au sud-est, où le groupe armé Azande Ani Kpi Gbé (AAKG), accusé de graves violations des droits humains, continue de commettre des attaques meurtrières.

Le Conseil de sécurité s’inquiète également des répercussions du conflit au Soudan voisin, qui provoque des incursions répétées de groupes armés dans le nord-est de la RCA. Certains membres plaident pour un renforcement du régime de sanctions prévu par les résolutions 2745 (Centrafrique) et 1591 (Soudan).

Sur le plan des droits humains, le rapport fait état d’une baisse globale des violations, mais signale la poursuite de violences sexuelles liées au conflit et de violations graves des droits de l’enfant. Plusieurs membres du Conseil devraient renouveler leur appel à des mesures urgentes pour prévenir ces abus.

Autre point à l’ordre du jour : la justice et la lutte contre l’impunité. Le Conseil souligne l’importance du Tribunal pénal spécial (TPS) de Bangui, instance hybride nationale et internationale opérationnelle depuis 2018, qui a rendu plusieurs jugements pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Toutefois, le manque de financement menace sa pérennité, avertit le rapport.

Alors que le mandat de la MINUSCA arrive à expiration en novembre, les discussions sur son renouvellement s’annoncent difficiles. Le Secrétaire général recommande une prolongation d’un an du mandat actuel, avec maintien de la force autorisée et des missions prioritaires, tout en plaidant pour des ressources « adéquates et prévisibles ».

Selon la lettre adressée le 11 octobre par le président Faustin-Archange Touadéra au Conseil, les contraintes budgétaires pesant sur la mission risquent d’avoir « de graves conséquences sécuritaires, humanitaires et politiques » pour le pays et la région. Le chef de l’État centrafricain a appelé les Nations Unies à maintenir les composantes essentielles de la MINUSCA, notamment la protection des civils et l’appui logistique aux élections.

Le Conseil de sécurité devrait examiner ces recommandations demain, alors que la crise de liquidité des Nations Unies limite déjà la capacité opérationnelle de plusieurs missions de maintien de la paix. Selon le communiqué, « les retards de paiement des contributions évaluées ont entraîné une réduction des dépenses de 15 % », une situation jugée préoccupante par plusieurs délégations.