Alix Didier Fils-Aimé met l’accent sur la sécurité, les élections et l’investissement après le sommet de la CARICOM…

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PORT-AU-PRINCE, jeudi 26 février 2026 (RHINEWS)- Le Premier ministre haïtien Alix Didier Fils-Aimé a déclaré, à son retour de la 50e Réunion ordinaire de la Conférence des chefs de gouvernement de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), tenue à Basseterre, à Saint-Kitts-et-Nevis, que les discussions ont principalement porté sur la sécurité, les élections et la coopération économique.

Il a qualifié cette rencontre de « moment extrêmement important » pour Haïti, soulignant le rôle du pays au sein de l’organisation régionale. « La CARICOM regroupe de nombreux gouvernements et plusieurs marchés. Haïti est le plus grand marché de la Communauté et dispose d’un fort potentiel pour développer les échanges et la coopération régionale », a-t-il affirmé.

Selon le chef du gouvernement, la question sécuritaire a occupé une place centrale dans les échanges bilatéraux et en séance plénière. Il a indiqué que les autorités haïtiennes ont réitéré que le rétablissement de la sécurité demeure une condition préalable à la tenue d’élections. « Nous avons dit à nos partenaires que, dès que le problème sécuritaire sera résolu, nous espérons organiser, d’ici la fin de l’année, des élections libres, honnêtes et démocratiques afin que le peuple haïtien puisse choisir les dirigeants qu’il souhaite », a déclaré M. Fils-Aimé.

Le Premier ministre a indiqué avoir rencontré plusieurs responsables régionaux et internationaux, dont des représentants kényans engagés dans la Mission multinationale d’appui à la sécurité, ainsi que le président de la Banque africaine d’import-export (Afreximbank), qui s’était déjà rendu en Haïti. Il a précisé que les protocoles d’accord amorcés par son prédécesseur seront poursuivis « dans un esprit de continuité de l’État », notamment afin de faciliter les investissements et l’accès aux financements.

Des discussions ont également eu lieu avec une délégation des Émirats arabes unis sur la coopération en matière de sécurité, d’investissement, de politiques sociales, de gouvernance électronique et de contrôle des frontières. Les échanges avec le Premier ministre jamaïcain Andrew Holness ont porté notamment sur la sécurité et sur la participation jamaïcaine à la mission multinationale en Haïti. M. Fils-Aimé a remercié la Jamaïque pour sa contribution et a plaidé pour un renforcement de la collaboration afin de freiner l’entrée d’armes illégales sur le territoire haïtien.

Il a par ailleurs annoncé que des démarches sont en cours pour rouvrir l’ambassade d’Haïti à Kingston afin de normaliser et renforcer les relations bilatérales. Des rencontres ont également été organisées avec des diplomates accrédités dans la région, notamment des représentants autrichiens, autour du soutien financier et de l’octroi de bourses aux étudiants haïtiens. Le Premier ministre a salué un engagement de deux millions de dollars américains de la Finlande pour faire face à la crise humanitaire, tout en insistant sur la priorité accordée à l’investissement productif. « Nous apprécions l’aide financière, mais ce qui nous intéresse avant tout, c’est de créer de vrais emplois, de générer des recettes fiscales et d’offrir des perspectives durables à notre population », a-t-il souligné.

Sur le plan sécuritaire, M. Fils-Aimé a évoqué les engagements pris par la communauté internationale pour soutenir les forces de l’ordre haïtiennes. Il a remercié le Département d’État américain pour le financement d’un programme visant à former 4 000 policiers supplémentaires au cours des douze prochains mois.

Enfin, le Fils-Aimé a indiqué avoir rencontré des membres de la diaspora haïtienne établis à Saint-Kitts-et-Nevis, dont plusieurs vivent à l’étranger depuis plus d’une décennie. « Ils suivent de près la situation en Haïti, ils observent les avancées de la police et beaucoup expriment le souhait de retourner au pays lorsque les conditions seront réunies », a-t-il déclaré. Il a ajouté que des préoccupations relatives aux procédures douanières et aux services consulaires ont été soulevées et que le gouvernement entend y apporter des réponses.