par Patrick Eliancy,
MARGATE (Allemagne), samedi 14 mars 2026 (RHINEWS)- Le cinéma haïtien s’est illustré lors d’un festival international du film organisé dans la ville côtière de Margate, dans le comté de Kent, au Royaume‑Uni, où le réalisateur haïtien Dave Fils-Aimé a remporté le prix du meilleur réalisateur de film documentaire pour son long-métrage « Mon Pote Bruce ».
Selon les informations rapportées par le média Rhinews, Haïti était le pays à l’honneur lors de cette édition du festival, qui a réuni des productions venues notamment du Japon, des États-Unis et de Irlande. Pour l’édition 2026, le documentaire « Mon Pote Bruce » avait été sélectionné dans trois catégories majeures : meilleur réalisateur de film documentaire, meilleur film documentaire et meilleure narration visuelle.
Le film retrace l’histoire de Bruce Wensley Lee Joseph, un jeune Haïtien de 19 ans qui rêvait de devenir dentiste et de jouer au basketball professionnel, notamment en National Basketball Association. Le 1er décembre 2022, alors qu’il se rendait à une rencontre pour discuter d’une éventuelle bourse d’études en odontologie, il a été tué par des membres d’un gang armé dans la commune de Cité Soleil, dans l’aire métropolitaine de Port-au-Prince.
« Ce projet est un cri d’alarme contre la violence armée qui déchire actuellement Haïti », a déclaré le réalisateur Dave Fils-Aimé dans une interview accordée à Rhinews, estimant que l’histoire de Bruce offre « une plateforme mondiale pour comprendre la réalité complexe vécue par le peuple haïtien ».
Né à Port-au-Prince et ayant grandi dans le quartier de Martissant, Dave Fils-Aimé est également le fondateur de l’organisation à but non lucratif Baskètbòl pou Ankadré Lajenès, dédiée à l’encadrement et à l’éducation des jeunes par le sport. Il est diplômé de Université Yale, où il a obtenu une licence en sciences politiques, avant de poursuivre une maîtrise en développement humain et psychologique à Université Harvard.
Le cinéaste a indiqué avoir produit et réalisé le documentaire avec des moyens financiers limités, soulignant que le projet visait avant tout à attirer l’attention internationale sur l’impact de la violence armée sur la jeunesse haïtienne.

