GENEVE, mercredi 18 juin 2025 (RHINEWS) –Le Forum Économique Mondial alerte sur les contrastes persistants dans la transition énergétique mondiale, dans un rapport publié ce 18 juin à Genève. Intitulé Favoriser une transition énergétique efficace 2025, le document met en lumière « la progression la plus rapide depuis l’avant-COVID », avec 65 % des pays enregistrant des progrès et 28 % ayant amélioré simultanément leur sécurité, durabilité et équité énergétiques, selon l’indice de transition énergétique (ETI).
La Suède, la Finlande, le Danemark, la Norvège et la Suisse dominent le classement grâce à des « engagements politiques solides, des infrastructures robustes et une diversification avancée de leurs énergies propres », selon le rapport, élaboré en partenariat avec Accenture. Les pays émergents d’Europe et d’Asie montrent une dynamique encourageante, avec des gains importants sur l’équité (+5,8 %) et les infrastructures (+8,3 %), notamment en Lettonie et en Bosnie-Herzégovine.
Mais ces progrès masquent des tensions persistantes. « Les systèmes énergétiques évoluent à des vitesses variables », observe Roberto Bocca, directeur du Centre pour l’énergie et les matériaux du Forum. « Il est encourageant de constater que 28 % des pays — dont le Brésil, la Chine, les États-Unis et le Nigeria — progressent dans plusieurs dimensions. Mais pour maintenir cet élan, il est crucial d’investir davantage dans les économies émergentes à forte croissance. »
En 2024, 2 000 milliards de dollars ont été injectés dans les énergies propres. Pourtant, la sécurité énergétique stagne et les émissions de CO₂ atteignent un record historique de 37,8 milliards de tonnes, en partie à cause de la montée de la demande liée à l’IA, aux data centers, à l’électrification et aux besoins en refroidissement. « L’IA est à la fois une contrainte et une opportunité », affirme Muqsit Ashraf, directeur général d’Accenture Strategy. « Elle permet d’optimiser les réseaux, d’anticiper les pics de consommation et de renforcer la résilience du système énergétique. »
Le rapport souligne également un décalage alarmant entre les flux d’investissements et la demande énergétique. Depuis 2021, plus de 80 % de la croissance de la demandevient des économies en développement, alors que plus de 90 % des investissements sont concentrés dans les économies avancées et la Chine. « Ce déséquilibre nuit à la viabilité de la transition », avertit le Forum.
Le classement 2025 distingue plusieurs pays émergents ayant réalisé des percées significatives. La Chine, grâce à son leadership en innovation, grimpe à la 12e place, sa meilleure performance. Le Brésil arrive 15e, devant tous les pays d’Amérique latine, suivi par le Royaume-Uni (16e) et les États-Unis (17e), qui mènent en matière de sécurité énergétique grâce à une forte capacité d’innovation et une diversification avancée. Le Nigeria, quant à lui, a progressé de la 109e à la 61e place depuis 2016, porté par des réformes ciblées.
Face à l’ampleur des défis, le rapport identifie trois priorités systémiques : redéfinir la sécurité énergétique en intégrant la résilience des réseaux et les infrastructures numériques, combler les écarts de capitaux notamment dans les pays à faibles revenus, et lever les obstacles structurels comme les pénuries de main-d’œuvre, les retards de permis ou la saturation des réseaux.
« Les solutions existent, mais elles doivent être contextualisées », précise le rapport. Il appelle à des politiques adaptatives, une coopération internationale accrue, et une accélération du déploiement des technologies propres, surtout dans les secteurs à fortes émissions comme l’industrie lourde ou les transports.
Enfin, le Forum rappelle que la transition ne pourra réussir sans une vision inclusive, respectueuse des réalités locales. Il préconise une gouvernance partagée où les économies émergentes sont reconnues comme des acteurs clés, et non de simples bénéficiaires d’aides ou d’investissements conditionnés.
RHINEWS – Tous droits réservés – 18 juin 2025

