Bogotá, samedi 27 septembre 2025, (RHINEWS)— Les États-Unis ont annoncé l’annulation du visa du président colombien Gustavo Petro, après ses déclarations jugées « imprudentes et incendiaires » lors d’un rassemblement pro-palestinien à New York. Selon le Département d’État, l’appel du président colombien demandant aux soldats américains de désobéir aux ordres du président Donald Trump a motivé cette décision.
À son retour à Bogotá, Gustavo Petro a dénoncé une violation du droit international et des règles diplomatiques, affirmant que la mesure « brise toutes les normes d’immunité ». Sur les réseaux sociaux, il a indiqué ne pas être préoccupé par cette révocation, soulignant qu’il disposait également de la citoyenneté européenne, lui permettant de voyager avec le système d’exemption de visa. Le ministre colombien de l’Intérieur a déclaré que la décision américaine constituait une sanction politique pour avoir dénoncé ce qu’il a qualifié de « génocide contre la Palestine ».
La mesure s’inscrit dans un contexte de tensions persistantes entre Bogotá et Washington, alimentées par des désaccords sur la coopération antidrogue, la politique migratoire et la récente décertification de la Colombie par les États-Unis. En janvier 2025, la crise diplomatique s’était déjà aggravée après le refus colombien d’accueillir des vols militaires transportant des ressortissants expulsés des États-Unis.
Ce n’est pas la première fois qu’un président colombien voit son visa américain révoqué. En 1996, le président Ernesto Samper avait été frappé de la même mesure par l’administration Clinton, après des accusations selon lesquelles sa campagne présidentielle avait bénéficié de financements du cartel de Cali. À l’époque, Washington avait précisé que l’interdiction ne concernait pas ses déplacements aux Nations unies, conformément aux obligations internationales des États-Unis en tant que pays hôte de l’ONU.

