Une étude CARICOM–UNICEF révèle que plus d’un jeune Caribéen sur deux souffre d’anxiété, de dépression ou de désespoir face à l’avenir…

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GEORGETOWN (Guyana), vendredi 24 octobre 2025 (RHINEWS)— Une étude conjointe du Secrétariat de la Communauté des Caraïbes (CARICOM) et du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) met en lumière une crise silencieuse : plus d’un enfant ou adolescent sur deux dans la région caribéenne présente des signes inquiétants d’anxiété et de dépression.

Selon le Caribbean Child and Youth Mental Health Research Study 2025, 58 % des jeunes interrogés déclarent manquer d’optimisme face à l’avenir, 56 % disent vivre dans une inquiétude constante et 54 % reconnaissent ressentir de la tristesse, de la dépression ou du désespoir. Ces résultats traduisent une tendance alarmante pour la santé mentale des jeunes générations dans la région.

Menée en 2024 auprès de plus de 1 500 jeunes issus de 17 pays et territoires, l’étude visait à mieux comprendre les défis mentaux et émotionnels auxquels ils sont confrontés et à identifier des solutions adaptées à leurs besoins.

S’exprimant lors de la présentation officielle des résultats, le 22 octobre 2025, le ministre de la Santé du Guyana, Dr Frank Anthony, a salué l’initiative :

« Ces résultats sont significatifs, car ils nous permettront de mieux cibler les problèmes auxquels nous faisons face à travers les Caraïbes. Ici au Guyana, nous travaillons déjà sur la santé mentale, particulièrement celle des jeunes. » Il a ajouté : « J’espère que ces conclusions déboucheront sur des interventions concrètes et durables. Cette étude ne doit pas être la dernière ; nous devons combler les lacunes de données existantes dans la région. »

Le ministre au sein du ministère de la Culture, de la Jeunesse et des Sports, Steven Jacobs, a pour sa part mis en garde contre les pressions croissantes subies par les jeunes :

« Dans toute la région, les jeunes font face à un stress académique et économique croissant, aux séquelles de la pandémie et aux défis liés aux réseaux sociaux. Beaucoup souffrent en silence, sans savoir vers qui se tourner. C’est pourquoi la prévention et la réponse rapide sont essentielles. Aucun ministère ne peut agir seul. »

Des solutions régionales proposées

Pour Michele Small-Bartley, responsable du programme Jeunesse à la CARICOM, les résultats de l’étude doivent déboucher sur des politiques publiques plus inclusives :

« Beaucoup d’enfants, à la maison, à l’école ou dans leurs communautés, ont besoin de notre soutien. Ce rapport ne se limite pas à des données : il fournit aussi des outils concrets pour créer des programmes mieux adaptés et plus efficaces. »

Parmi les recommandations : améliorer l’accès aux services de soutien psychologique, renforcer les mécanismes d’orientation, réduire la stigmatisation liée à la santé mentale et former les parents ainsi que les enseignants à repérer les signes de détresse chez les jeunes.

De son côté, Bertrand Moses, officier de protection de l’enfance à l’UNICEF pour la zone Caraïbes orientales, a présenté les nouvelles ressources mises en place :

« Nous voyons clairement que de plus en plus de jeunes se sentent isolés et seuls. Pour y répondre, nous avons créé un Répertoire des services gouvernementaux de santé mentale, accessible sur youngcaribbeanminds.com, qui fournit pour chaque pays des lignes d’assistance, des numéros d’urgence et des ressources adaptées. »