ASUNCION, samedi 17 janvier 2026 (RHINEWS)- La Commission européenne a signé samedi à Asunción, au Paraguay, le traité de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur — le Brésil, l’Argentine, le Paraguay et l’Uruguay — mettant un terme à 25 années de négociations, ont annoncé les parties.
La cérémonie s’est tenue en présence de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et du président du Conseil européen, Antonio Costa, aux côtés de représentants des pays du Mercosur. L’accord est présenté par Bruxelles comme l’un des plus vastes accords commerciaux au monde, concernant un ensemble de près de 720 millions d’habitants et environ 30 % du produit intérieur brut mondial.
« Grâce à ce partenariat gagnant-gagnant, tous deux, nous en tirerons profit sur les plans économique, diplomatique et géopolitique », a déclaré Ursula von der Leyen. « Nos entreprises créeront des exportations, de la croissance et des emplois. Nous nous soutiendrons mutuellement dans nos transitions propre et numérique. Et notre signal au reste du monde est clair : l’UE et le Mercosur choisissent la coopération plutôt que la concurrence et le partenariat plutôt que la polarisation », a-t-elle ajouté.
Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva, soutien affiché du projet, n’était pas présent à Asunción et était représenté par son ministre des Affaires étrangères. Il avait rencontré la veille la présidente de la Commission européenne à Rio de Janeiro.
Bien que signé, l’accord n’entrera pas immédiatement en vigueur. Qualifié d’« accord mixte », il comprend un volet commercial et un volet politique. La partie commerciale, relevant des compétences de l’Union européenne, doit encore être approuvée à la majorité simple par le Parlement européen en séance plénière, attendue d’ici avril-mai. En cas d’adoption, cette partie pourrait s’appliquer à titre provisoire.
Le volet politique, qui inclut notamment des dispositions environnementales et sociales et a été validé en janvier par le Conseil de l’UE, devra pour sa part être ratifié par les Parlements nationaux des États membres, car il couvre des compétences relevant des États.
Parallèlement, plusieurs eurodéputés opposés à l’accord ont engagé une démarche visant à contester sa conformité aux traités européens. Une résolution sera soumise au vote du Parlement européen en séance plénière mercredi 21 janvier à Strasbourg, afin d’examiner la possibilité de saisir la Cour de justice de l’Union européenne. Une telle saisine aurait pour effet de suspendre l’accord dans l’attente d’une décision des juges.

