Sarah-Jane Ternier, compagne de l’ex- maire de North Miami Philippe Bien-Aimé placée en détention par l’ICE en vue d’une expulsion…

Screenshot

MIAMI, samedi 14 mars 2026 (RHINEWS)- Les autorités fédérales américaines de l’immigration ont placé en détention Sarahjane Ternier, compagne de longue date de l’ancien maire de North Miami, Philippe Bien-Aime, et mère de trois de ses enfants, dans le cadre d’une procédure d’expulsion remontant à plusieurs années, selon des informations confirmées par les services fédéraux.

Un porte-parole de U.S. Immigration and Customs Enforcement (ICE) a indiqué que Ternier avait été arrêtée mercredi à Miami en exécution d’une ordonnance définitive d’expulsion émise le 31 juillet 2000. L’agence fédérale a précisé qu’elle resterait détenue « dans l’attente de son éloignement du territoire des États-Unis ».

Selon l’ICE, Ternier est entrée aux États-Unis le 12 juin 1994. Son recours contre l’ordre d’expulsion a été rejeté le 23 octobre 2002 par la Board of Immigration Appeals, ont ajouté les autorités. Le système de localisation des détenus de l’agence indiquait samedi matin qu’elle était incarcérée au Broward Transitional Center, un centre de détention pour migrants situé en Floride.

Cette arrestation intervient alors que le gouvernement fédéral poursuit une procédure civile visant à retirer la citoyenneté américaine à Bien-Aimé, un responsable politique d’origine haïtienne. Les autorités l’accusent d’avoir utilisé des documents frauduleux et d’avoir mené pendant des années une série de fausses déclarations afin d’obtenir une carte de résident permanent puis la citoyenneté américaine.

Joint par téléphone, Bien-Aimé, âgé de 60 ans, s’est montré bref lorsqu’il a été interrogé sur la détention de sa compagne. « Elle rentre à la maison », a-t-il simplement déclaré, affirmant par ailleurs ne pas savoir qui assurait sa défense juridique.

Les documents judiciaires liés à la procédure de dénaturalisation évoquent un « réseau de tromperies sur plusieurs décennies » impliquant plusieurs identités et plusieurs mariages, que Bien-Aimé aurait utilisés pour obtenir un statut migratoire légal aux États-Unis.

Le dossier mentionne également un incident survenu le 14 février 1997 lorsque Ternier a tenté d’entrer aux États-Unis par le poste frontalier de Champlain, à la frontière entre le Québec et l’État de New York, en utilisant une fausse carte d’identité canadienne, selon une plainte pénale déposée devant un tribunal fédéral du district nord de l’État de New York.

Les autorités ont indiqué qu’elle se trouvait alors dans un véhicule avec un homme identifié comme William Jean Louis. Lors du contrôle, les agents ont constaté que son apparence ne correspondait pas à celle figurant sur la pièce d’identité présentée et qu’elle était incapable de reproduire la signature figurant sur la carte ou de fournir d’autres documents justificatifs.

Une fouille du véhicule a ensuite permis de découvrir un passeport haïtien comportant le nom et la photographie de Ternier. Selon la plainte, elle a finalement reconnu sa véritable identité et déclaré aux agents qu’elle se rendait en Floride pour obtenir « une résidence illégale » et chercher du travail aux États-Unis.

Elle a plaidé coupable de possession d’une pièce d’identité dans l’intention de frauder les autorités américaines et a été condamnée à deux jours de détention – correspondant au temps déjà passé en garde à vue — ainsi qu’au paiement d’une amende de 225 dollars et d’une contribution judiciaire, selon le jugement.

Les autorités n’ont pas précisé si cette arrestation avait conduit directement à la procédure d’expulsion engagée en 2000. Dans la plainte civile visant Bien-Aimé, il est indiqué qu’une procédure d’éloignement avait été ouverte contre lui en 1997 pour « absence de document d’entrée valide ». Lors de ces audiences, il aurait reconnu être entré aux États-Unis en 1995 avec un passeport falsifié.

Ternier a longtemps été présentée publiquement comme l’épouse de Bien-Aimé. Le couple a trois enfants adultes et apparaissait fréquemment ensemble durant la carrière politique de l’ancien élu, qui a été conseiller municipal puis maire de North Miami avant de briguer sans succès un siège de commissaire du comté.

Cependant, selon les documents judiciaires, Bien-Aimé aurait été marié simultanément à plusieurs femmes à différentes périodes, y compris durant les années où il vivait avec Ternier. Les archives citées dans la plainte indiquent notamment qu’il aurait épousé Ternier en Haïti en 1993 sous le nom de Jean Philippe Janvier, le même jour où il aurait également contracté un mariage avec une autre femme sous le nom de Philippe Bien-Aimé, tandis que d’autres unions auraient ensuite été enregistrées aux États-Unis.