Rudy Sanon Thomas dénonce à la DCPJ une complicité présumée entre Guerrier Henri et les chefs de l’organisation« Viv Ansanm »…

Guerrier Henry, iournaliste...

PORT-AU-PRINCE, jeudi 17 juillet 2025 (RHINEWS)L’animateur, chroniqueur sportif et influenceur haïtien Rudy Sanon Thomas a officiellement dénoncé, dans une correspondance adressée à la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ), le journaliste Guerrier Henri pour des faits qu’il estime constituer une complicité manifeste avec des groupes armés terroristes, en particulier les chefs de gang du réseau criminel dénommé « Viv Ansanm ».

Dans sa plainte déposée ce mercredi auprès de l’inspecteur général Pierre René François, directeur de la DCPJ, Rudy Sanon Thomas, assisté de ses avocats Me Sonet Saint-Louis et Me Fanfan Guérilus, affirme agir en tant que citoyen engagé, soucieux de la sécurité publique et du respect des lois. Il accuse le journaliste de fournir une plateforme médiatique à des figures notoires de la criminalité armée en Haïti, telles que Jimmy Chérizier alias « Barbecue », Jeff Larose dit « Jeff Gwo Lwa », Wilson Joseph surnommé « Lanmò san jou », Vitelhomme Innocent, et Christ-Roi Chéry alias « Krisla ».

Selon le plaignant, « les faits rapportés dans le procès-verbal de constat dressé par le juge de paix Jean Claude Mondelus le 7 juillet 2025 révèlent une collaboration manifeste entre le journaliste et ces chefs de gang ». Il ajoute que « les propos et les interventions du journaliste tendent à légitimer les actions de l’organisation terroriste Viv Ansanm et à banaliser le droit à la vie des citoyens haïtiens ».

Dans la plainte, Sanon souligne également que Guerrier Henri réside actuellement au Canada grâce au statut diplomatique de son épouse, et qu’il y « abuse de l’hospitalité de ce pays pour faire l’apologie du terrorisme », en diffusant les propos des chefs de gangs sur ses plateformes médiatiques.

L’animateur fait remarquer que le journaliste a déjà été convoqué à plusieurs reprises par les autorités judiciaires : en janvier 2023 et 2024, il a été invité au parquet de Port-au-Prince pour répondre à des accusations de diffusion de propagande en faveur de groupes armés. De plus, en novembre 2024, la CONATEL lui avait adressé une correspondance l’enjoignant de suspendre son émission, jugée perturbatrice pour la paix publique.

« Cet acte n’est motivé par aucun sentiment de haine ou de vengeance », précise Rudy Sanon Thomas dans sa lettre. Il dit vouloir « contribuer à l’édification de l’État de droit » et affirme que sa démarche « vise à alerter les autorités compétentes sur des événements particulièrement préoccupants, susceptibles de porter atteinte aux droits humains, notamment au droit à la vie et à la sécurité que l’État a l’obligation impérieuse de garantir. »

Sanon va jusqu’à évoquer une « instrumentalisation inacceptable de la liberté d’expression », estimant que cette dernière ne peut être utilisée comme prétexte pour donner la parole à des individus recherchés par la justice pour des crimes graves tels que les assassinats, les viols, les enlèvements ou les déplacements forcés de population. Il rappelle qu’« entre 2018 et aujourd’hui, les gangs armés ont assassiné plusieurs centaines de policiers et ont commis des massacres ayant causé des milliers de morts. »

Citant les articles 4 et 45 du Code pénal haïtien, il affirme que « la participation du journaliste à la diffusion publique des propos de ces criminels peut être juridiquement qualifiée de complicité ».

Dans une dimension symbolique et historique, Rudy Sanon Thomas termine sa dénonciation en comparant sa démarche à un « cri de révolte citoyen », invoquant les figures de Jacques Roumain et Vincent Ogé pour souligner l’urgence d’une mobilisation collective face à ce qu’il qualifie de chaos généralisé. « Voilà nos filles et nos femmes violées et tuées, voilà les terroristes du groupe Viv Ansanm qui vont nous tuer tous ensemble », écrit-il avec solennité.

La plainte est accompagnée de plusieurs pièces justificatives, notamment :

– une copie du procès-verbal de constat du juge de paix,

– une copie de la correspondance de la CONATEL,

– les convocations émanant du parquet de Port-au-Prince en 2023 et 2024.

Rudy Sanon Thomas appelle à l’ouverture d’une enquête judiciaire rigoureuse pour établir les faits et déterminer les responsabilités, déclarant se tenir à la disposition des autorités compétentes. À l’heure actuelle, ni le journaliste Guerrier Henri ni ses représentants n’ont officiellement réagi à ces accusations.