“Les États-Unis déconseillent formellement tout voyage en Haïti en raison de l’insécurité, du terrorisme et de l’effondrement des services de base”…

Vue de la plage de Labadie, au Cap-Haitien...

WASHINGTON, mardi 15 juillet 2025 (RHINEWS) – Le Département d’État américain a émis ce mardi un avertissement de niveau 4, le plus élevé de son système d’alerte, déconseillant catégoriquement à tous les citoyens américains de se rendre en Haïti. Cet avis, publié en pleine période estivale alors que des millions d’Américains partent à l’étranger pour leurs vacances, désigne Haïti comme un pays à éviter absolument, invoquant des raisons multiples telles que les enlèvements, les crimes violents, l’activité terroriste, les troubles civils et la dégradation critique des conditions sanitaires.

Ce nouvel avertissement de voyage, publié le 15 juillet au matin, inclut désormais un indicateur de menace terroriste. Il ne constitue pas une surprise pour les observateurs de la région, dans la mesure où Haïti est depuis longtemps considéré par les autorités américaines comme un environnement extrêmement instable. Déjà en juillet 2023, le Département d’État avait ordonné l’évacuation du personnel non essentiel de son ambassade à Port-au-Prince ainsi que de leurs familles, en raison des risques persistants pour leur sécurité. Haïti est en état d’urgence depuis mars 2024, une situation exceptionnelle qui reflète l’intensité de la crise sécuritaire dans le pays.

L’avis souligne que les crimes impliquant des armes à feu sont fréquents à travers tout le territoire haïtien. Ces crimes incluent les vols à main armée, les détournements de voiture, les agressions sexuelles et les enlèvements contre rançon. Les citoyens américains ne sont pas épargnés : plusieurs ont été victimes de violences, blessés ou même tués. Dans certains cas, leurs familles ont été contraintes de verser des rançons allant de dizaines à plusieurs centaines de milliers de dollars pour obtenir leur libération. Le Département d’État met en garde contre une menace généralisée d’enlèvements, qui touche l’ensemble de la population, y compris les étrangers.

La criminalité violente est décrite comme omniprésente, notamment à Port-au-Prince, où l’expansion des gangs armés et du crime organisé a entraîné une multiplication des violences, des kidnappings et des agressions sexuelles. Les affrontements entre groupes armés se sont intensifiés, entraînant des tirs sporadiques et une forte probabilité d’être atteint par une balle perdue, y compris pour les personnes non impliquées dans les conflits. Le Département d’État indique également que certains de ces gangs ont été officiellement désignés comme des organisations terroristes, et que le risque d’attentats ou d’actes de violence à caractère terroriste est désormais élevé.

Par ailleurs, le gouvernement américain avertit qu’il dispose de très peu de moyens pour venir en aide à ses ressortissants se trouvant sur le sol haïtien. Les forces de l’ordre haïtiennes sont largement sous-équipées et ne peuvent pas répondre efficacement aux crimes graves ou aux urgences. Le pays souffre de graves pénuries de carburant, d’électricité, de médicaments et de fournitures médicales. Les hôpitaux et cliniques, qu’ils soient publics ou privés, sont souvent dépourvus de personnel qualifié et manquent des ressources les plus élémentaires. Le paiement en espèces est systématiquement exigé avant toute forme de traitement médical.

Cette alerte intervient alors que d’autres pays des Caraïbes, bien que confrontés à divers défis, ne sont pas placés au même niveau de dangerosité. Haïti est actuellement le seul pays de la région à faire l’objet d’un avis de niveau 4 émis par les États-Unis, ce qui signifie « Ne voyagez pas ». Ce classement reflète une situation sécuritaire unique dans les Caraïbes, et un effondrement sans précédent des institutions de base. L’avertissement du Département d’État est sans ambiguïté : « Ne vous rendez pas en Haïti, pour aucune raison. »

Le gouvernement américain rappelle que toute personne qui choisit malgré tout de voyager dans ce pays le fait à ses risques et périls, et qu’elle ne peut compter que sur ses propres moyens pour faire face à une éventuelle urgence. L’administration recommande vivement aux citoyens américains d’éviter les zones à risque, de ne pas tenter de rejoindre la République dominicaine par voie terrestre, de ne pas se fier aux transports locaux, et de disposer d’un plan d’évacuation indépendant du gouvernement américain. Cet avertissement fait suite à une série de décisions prises également par des acteurs privés : plusieurs compagnies de croisière, dont Royal Caribbean, ont suspendu leurs escales en Haïti, notamment dans la station balnéaire de Labadee, en raison du niveau de danger.

Le Département d’État publie régulièrement des conseils aux voyageurs classés en quatre niveaux. Le niveau 4, attribué à Haïti, est le plus extrême et indique que le gouvernement américain pourrait être dans l’incapacité totale d’intervenir pour porter assistance à ses citoyens.