PORT-AU-PRINCE, vendredi 13 mars 2026 (RHINEWS)- Le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH) a exigé vendredi que les autorités judiciaires et policières de la Grand’Anse poursuivent et arrêtent les auteurs présumés d’un viol commis sur une mineure à Chambellan, après la diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo montrant l’agression.
Dans un communiqué publié le 13 mars, l’organisation, qui dit avoir enquêté sur le dossier avec sa structure départementale, le Réseau Grand’Anse de défense des droits humains (REGADH), indique que la vidéo devenue virale « montre un jeune homme en train de violer une mineure ».
Selon les informations recueillies par les deux organisations, la survivante, identifiée par les initiales A.R.N., née le 14 juin 2009 et élève en huitième année fondamentale, vivait auparavant à Port-au-Prince avec son père avant que celui-ci ne décide de s’installer dans la localité de July, entre Chambellan et Dame-Marie, en raison de l’insécurité dans la capitale.
Le RNDDH affirme que les faits remontent au début de décembre 2025, lorsque l’adolescente aurait rencontré un jeune homme de 21 ans, Clivens Logiste, avec lequel elle entretenait une relation amoureuse. Les deux se seraient rendus dans une maison en construction où, selon l’organisation, « Clivens Logiste a violé la mineure et a exigé que ses cousins (…) enregistrent le viol ».
Les cousins, identifiés comme Kedson Logiste et Kensley Logiste, auraient ensuite tenté de contraindre la jeune fille à avoir des relations sexuelles en la menaçant de diffuser la vidéo. Face à son refus, ils auraient mis leur menace à exécution, publiant les images « dans l’objectif évident de nuire à sa réputation et de l’humilier », indiquent les organisations.
Le RNDDH et le REGADH affirment que la diffusion de la vidéo a entraîné une forte stigmatisation de la mineure au sein de sa communauté. « Lorsqu’elle quitte sa maison, A.R.N. est pointée du doigt (…) et est obligée de rester le plus souvent recluse », rapportent-ils.
L’organisation indique également que l’adolescente a été empêchée de poursuivre sa scolarité dans son établissement après la publication de la vidéo, tandis que l’un des jeunes accusés d’avoir participé à l’enregistrement et à la diffusion des images a continué à fréquenter l’école.
Le communiqué met aussi en cause la direction de l’établissement scolaire, accusée d’avoir transmis des informations erronées à la Brigade de protection des mineurs (BPM). Selon le RNDDH, ces informations inexactes ont retardé l’intervention des autorités et permis au principal suspect de prendre la fuite.
Les organisations affirment par ailleurs que la victime a reçu des menaces de la part de proches des suspects, qui auraient averti qu’elle pourrait subir des représailles si l’un d’eux venait à être arrêté.
Le 12 et le 13 mars, le RNDDH et le REGADH ont accompagné la mineure et son père auprès de la Brigade de protection des mineurs, du parquet et d’un centre de santé afin de déposer une plainte formelle et de faire procéder à un examen médical. Un nouveau mandat d’amener comportant les véritables identités des suspects a été émis, selon l’organisation.
« Le RNDDH et le REGADH exigent des autorités policières et judiciaires qu’elles effectuent leur travail et que Clivens Logiste, Kedson Logiste et Kensley Logiste soient traqués, arrêtés, poursuivis, jugés et condamnés avec la dernière rigueur », indique le communiqué. Les deux organisations demandent également à l’Institut du bien-être social et de recherches (IBESR) d’assurer la protection et l’accompagnement de la mineure.
Le RNDDH estime enfin que cette affaire illustre « le niveau de banalisation des viols dans le pays », appelant à un renforcement de la réponse judiciaire face aux violences sexuelles et à une répression plus sévère de la diffusion d’images sexuelles impliquant des victimes.

