La guerre au Moyen-Orient pourrait provoquer une flambée mondiale des prix alimentaires et aggraver la faim, avertit le PAM…

Des produits alimentaires....

NEW-YORK, lundi 9 mars 2026 (RHINEWS) – L’escalade de la guerre au Moyen-Orient pourrait provoquer une hausse importante des prix des denrées alimentaires et du carburant, avec des conséquences potentiellement graves pour la sécurité alimentaire mondiale, a averti le Programme alimentaire mondial (PAM), une agence des Nations Unies qui craint une aggravation de la faim parmi les populations les plus vulnérables.

Selon l’agence onusienne, dix jours de combats dans la région ont déjà perturbé les chaînes d’approvisionnement mondiales, provoquant une hausse des coûts et une diminution du pouvoir d’achat des ménages. « Les personnes qui étaient auparavant en situation précaire pourraient être poussées vers une insécurité alimentaire encore plus grave », indique le PAM, soulignant que l’impact du conflit dépasse désormais largement les frontières du Moyen-Orient.

Les premières répercussions se font déjà sentir dans plusieurs pays de la région. Au Liban, le conflit a provoqué d’importants déplacements internes au sein d’une population déjà confrontée depuis plusieurs années à une forte insécurité alimentaire. En Iran, la crise actuelle s’ajoute à des difficultés économiques préexistantes marquées par la stagnation économique, une inflation alimentaire élevée et une dépréciation rapide de la monnaie nationale, ce qui limite fortement la capacité des ménages à absorber de nouveaux chocs économiques.

Dans la bande de Gaza Strip, certains points de passage ont rouvert, mais les prix des denrées alimentaires restent élevés, ce qui continue de restreindre l’accès de la population à une alimentation abordable.

Au-delà de la région, le PAM met en garde contre de « graves perturbations » de la chaîne d’approvisionnement mondiale, liées notamment au transport maritime, aux marchés de l’énergie et aux engrais. L’agence évoque un scénario inédit de « double goulot d’étranglement » susceptible d’affecter le commerce mondial.

Ces perturbations sont déjà visibles dans le Détroit d’Ormuz, un passage stratégique par lequel transitent environ 20 % des expéditions mondiales de pétrole et de gaz. Les tensions dans cette voie maritime ont entraîné « une baisse du trafic maritime, une hausse des risques navals et le détournement ou la suspension du fret commercial », selon le PAM.

L’agence avertit que si le conflit s’intensifie, la combinaison des tensions dans le détroit d’Ormuz et dans la Mer Rouge pourrait créer « un scénario sans précédent de double goulot d’étranglement pour le commerce mondial et les flux énergétiques ».

« Si le scénario actuel devait perdurer, la hausse des prix du pétrole devrait entraîner une augmentation des prix des denrées alimentaires à l’échelle mondiale », prévient l’agence dans son dernier rapport de situation.

Le PAM souligne également que la crise actuelle complique l’acheminement de l’aide humanitaire vers les populations les plus vulnérables. « Cela augmente le risque que les personnes attendent plus longtemps pour recevoir de l’aide et soient confrontées à une insécurité alimentaire et à une malnutrition accrues », indique l’organisation.

Selon l’agence, les tensions dans le détroit d’Ormuz entraînent déjà une hausse des coûts du carburant et du transport maritime, ce qui accroît « le risque d’une nouvelle inflation mondiale, avec des répercussions sur les prix des denrées alimentaires dans le monde entier ».

Face à cette situation, le PAM affirme avoir obtenu certaines concessions de la part de grandes compagnies maritimes afin de garantir la continuité des opérations humanitaires. L’agence indique avoir négocié « avec succès » la suppression des surcharges d’urgence imposées par plusieurs transporteurs maritimes afin d’alléger les coûts logistiques pour les organisations humanitaires.

Alors que la fermeture de certains espaces aériens et routes maritimes continue de perturber les opérations, l’organisation adapte également ses stratégies d’approvisionnement en s’appuyant davantage sur des fournisseurs et des routes de transit en Turquie, en Égypte, en Jordanie et au Pakistan.

Le PAM indique aussi utiliser lorsque cela est possible des corridors terrestres reliant les Émirats arabes unis au Levant afin de maintenir les flux d’aide humanitaire vers les zones affectées.

Par ailleurs, les ports égyptiens, jugés pleinement opérationnels, ainsi que le Canal de Suez sont mobilisés pour soutenir les opérations régionales des agences humanitaires, dans un contexte de forte incertitude sur l’évolution du conflit et ses effets sur l’économie mondiale