PORT-AU-PRINCE, mercredi 11 mars 2026 (RHINEWS)- La Fondasyon Je Klere (FJKL) appelle l’Université Quisqueya à rendre publics les documents justifiant la régularité d’un appui financier reçu de l’État haïtien sous le gouvernement de Alix Didier Fils-Aimé, affirmant que des doutes persistent quant aux conditions dans lesquelles ces fonds auraient été octroyés.
Dans un communiqué publié le 9 mars, l’organisation de défense des droits humains indique avoir pris connaissance d’une note publique d’information diffusée par l’université, dont le nom apparaît dans un tableau de décaissements de fonds publics publié dans un rapport de la fondation le 4 mars 2026 portant sur ce qu’elle décrit comme une « liquidation de la souveraineté nationale via des contrats léonins ».
La FJKL souligne que l’établissement universitaire « n’a pas contesté les informations publiées » dans ce rapport. Elle estime toutefois que la note de l’université tend à minimiser les exigences de transparence liées à l’utilisation de ressources publiques. « L’Université Quisqueya ne peut pas, par une simple note d’information publique, présenter comme normal un acte qui s’apparente au copinage ou au clientélisme politique qui sont des actes de corruption contraires aux règles de la bonne gouvernance », affirme l’organisation dans son communiqué.
La fondation dit également s’étonner de voir l’université « tenter de se faire passer pour une organisation à but non lucratif, une institution de bienfaisance ou un organisme de charité sociale ». Elle relève en outre que, « au-delà de sa note d’information publique, l’Université Quisqueya n’a publié, au nom de la transparence, aucun document justifiant le caractère régulier de l’important appui financier qu’elle a obtenu ».
La FJKL rappelle que toute institution privée souhaitant bénéficier d’un appui financier de l’État doit soumettre un dossier détaillé comprenant notamment la description du projet financé, l’impact social attendu, la situation financière de l’entreprise accompagnée d’un audit de gestion, ainsi qu’une convention de contribution signée avec l’État, en particulier lorsque les fonds sont versés en plusieurs tranches.
Selon l’organisation, l’entité bénéficiaire doit également présenter, à l’issue du projet, un audit démontrant que les fonds publics ont été utilisés conformément aux objectifs annoncés.
Dans ce contexte, la FJKL demande à l’université de transmettre ces documents à l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC) afin de « justifier la régularité de la transaction et d’éliminer les doutes de favoritisme (copinage, clientélisme), de détournement de fonds publics et d’abus de biens sociaux qui pèsent légitimement sur la transaction ».
L’organisation invite également l’Université Quisqueya à rendre ces documents publics « dans le respect du droit du public à l’information ».

