PORT-AU-PRINCE, mardi 20 janvier 2026 (RHINEWS)- Le directeur général intérimaire de la Police nationale d’Haïti (PNH), Vladimir Paraison, a déclaré mardi que l’institution demeure en mesure d’atteindre toute personne impliquée dans des activités criminelles, quel que soit l’endroit où elle se trouve, tout en reconnaissant que la police ne dispose pas encore de l’ensemble des outils nécessaires pour un contrôle total du territoire.
« La police, même si elle n’a pas tous les outils, est capable de parvenir à atteindre n’importe qui, n’importe où, quel que soit le camp », a affirmé M. Paraison. Selon lui, les difficultés actuelles sont liées à des zones que la PNH « n’a pas encore totalement maîtrisées », notamment en raison de contraintes d’accès et de visibilité.
Le responsable a lancé un appel à la reddition volontaire des personnes concernées par la situation sécuritaire, en garantissant un traitement respectueux et conforme à la loi. « Nous sommes des autorités établies. Toute personne qui se considère en situation de faiblesse peut se rendre. Elle sera reçue avec respect et traduite devant les autorités compétentes pour répondre de ses actes », a-t-il déclaré.
M. Paraison a également invité les intéressés à passer, s’ils le souhaitent, par des intermédiaires tels que les médias, des journalistes, des leaders communautaires ou religieux afin de faciliter leur démarche. « Nous offrons un accompagnement. Il ne s’agit pas d’humilier ou de stigmatiser qui que ce soit. La responsabilité est personnelle », a-t-il souligné, précisant que les policiers eux-mêmes doivent répondre de leurs actes en cas de faute.
Abordant la question du trafic d’armes et de munitions, le directeur général par intérim a insisté sur les vulnérabilités structurelles du pays. Il a rappelé que la frontière terrestre d’Haïti s’étend sur environ 392 kilomètres et compte 110 points de passage, dont seulement quatre sont contrôlés. « Haïti ne fabrique ni armes ni munitions, pourtant elles circulent quotidiennement. La question est de savoir par où elles entrent », a-t-il déclaré.
Il a également mis en avant l’ampleur du défi maritime, soulignant qu’une grande partie du territoire côtier n’est pas suffisamment contrôlée. « À l’heure actuelle, je ne peux pas dire que la police est capable d’intercepter tout ce qui entre par la mer ou par terre », a reconnu M. Paraison.
Toutefois, il a assuré que des efforts sont en cours pour renforcer la police maritime, à travers des formations, des commandes d’équipements et une coopération avec des partenaires étrangers. « Avant longtemps, nous aurons une police maritime plus efficace, avec des patrouilles régulières et des capacités d’intervention accrues, en coordination avec des pays de la région », a-t-il indiqué.
Le responsable a cité des opérations récentes dans le Sud du pays ayant conduit à l’arrestation de plusieurs suspects, dont au moins trois ressortissants jamaïcains sans passeport, ainsi que la présence d’individus originaires d’Amérique du Sud entrés clandestinement sur le territoire. « Cela montre l’ampleur du phénomène et la complexité du contrôle territorial », a-t-il ajouté.
Malgré ces contraintes, Vladimir Paraison a réaffirmé la détermination de la PNH. « Nous n’avons pas encore tous les moyens, mais la Police nationale d’Haïti se bat, avec plusieurs partenaires, pour rétablir l’équilibre du contrôle du territoire et peut atteindre toute personne, en tout lieu », a-t-il conclu.

