PORT-AU-PRINCE, mercredi.14 janvier 2026 (RHINEWS)- La situation sécuritaire reste critique en Haïti en ce début d’année. En l’espace d’une semaine, des violences attribuées à des gangs armés ont contraint des milliers de personnes à quitter leur domicile et à rejoindre le nombre croissant de déplacés internes, ont alerté mercredi les Nations Unies.
Selon le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), des affrontements survenus dans la capitale, Port-au-Prince, ont forcé de nombreux habitants à fuir leurs quartiers. L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) estime qu’environ 6.000 personnes ont été déplacées depuis le 6 janvier. La majorité d’entre elles ont trouvé refuge auprès de familles d’accueil, tandis que d’autres se sont installées dans deux sites destinés aux personnes déplacées.
Cette recrudescence de la violence a également un impact direct sur l’action humanitaire. « L’escalade de la violence a considérablement affecté les programmes humanitaires dans la région. Nos collègues de Médecins Sans Frontières ont annoncé le 8 janvier la suspension de toutes leurs activités médicales dans le quartier de Bel Air à Port-au-Prince, et ce, jusqu’à nouvel ordre », a déclaré le porte-parole du Secrétaire général de l’ONU, Stéphane Dujarric, lors d’un point de presse.
Cette dégradation de la situation intervient alors que seulement 10 % des établissements de santé disposant de capacités d’hospitalisation dans le pays sont pleinement opérationnels. Par ailleurs, environ 4,9 millions de personnes en Haïti ont actuellement besoin d’une assistance médicale d’urgence.
Les Nations Unies soulignent que les déplacements internes liés à la violence ont doublé au cours de l’année écoulée. Ils concernent désormais environ 1,4 million de personnes, soit près de 12 % de la population haïtienne.
Le porte-parole du chef de l’ONU a également rappelé que, cette année, 6,4 millions de personnes en Haïti, représentant plus de la moitié de la population, ont besoin d’une aide humanitaire. Pour répondre aux besoins des 4,2 millions de personnes les plus vulnérables, l’ONU et ses partenaires estiment à 880 millions de dollars les fonds nécessaires.
Cette aggravation de la crise sécuritaire et humanitaire s’inscrit dans un contexte politique fragile, alors que le pays a récemment commémoré l’anniversaire du séisme du 12 janvier 2010. Ce tremblement de terre avait détruit une grande partie de Port-au-Prince et des villes environnantes, provoquant la mort de centaines de milliers de personnes et laissant environ 1,5 million de blessés et autant de personnes sans abri.

