Haïti exclue du Sommet « Shield of the Americas » : l’ancien ministre Bocchit Edmond s’interroge sur une mise à l’écart…

Edmond Bocchit, Ambassadeur d'Haiti a Washington...

PORT-AU-PRINCE, mardi 10 mars 2026 (RHINEWS)L’ancien ministre haïtien des Affaires étrangères, Bocchit Edmond, s’est interrogé sur l’absence d’Haïti au récent Shield of the Americas Summit, organisé à Doral, en Floride, estimant que cette exclusion soulève « une question importante pour l’hémisphère » alors que le pays fait face à une grave crise sécuritaire.

Dans une déclaration datée du 8 mars à Port-au-Prince, l’ancien chef de la diplomatie haïtienne rappelle que ce sommet régional portait notamment sur les enjeux de sécurité dans les Amériques. « La récente réunion du Shield of the Americas Summit tenue à Doral, en Floride, soulève une question importante pour notre hémisphère : pourquoi Haïti, une nation confrontée à l’une des crises sécuritaires les plus graves de la région, était-elle absente d’un rassemblement aussi crucial ? », écrit-il.

L’ex-ministre évoque également un précédent moment de coopération régionale auquel Haïti avait pris part. Il se souvient notamment de la rencontre du 22 mars 2019 organisée par l’ancien président américain Donald J. Trump à Mar-a-Lago, en présence de plusieurs dirigeants caribéens. « Je me souviens très clairement d’un moment très positif lorsque cinq dirigeants caribéens ont été invités à rejoindre le président Donald J. Trump à Mar-a-Lago pour un sommet consacré à la coopération sécuritaire et économique », explique-t-il.

Selon lui, il avait alors accompagné le président haïtien de l’époque, Jovenel Moïse, à cette rencontre. « À cette époque, ces pays caribéens étaient considérés comme des alliés clés des États-Unis, des partenaires de confiance pour promouvoir la stabilité, la prospérité et la sécurité dans notre région commune », souligne-t-il.

L’ancien diplomate estime que la situation actuelle soulève des interrogations quant à l’évolution du rôle d’Haïti dans les discussions régionales. « La question se pose aujourd’hui naturellement : qu’est-ce qui a mal tourné pour qu’Haïti passe du statut de partenaire reconnu à celui de pays exclu d’un dialogue régional important sur la sécurité ? », écrit-il, ajoutant que le pays « n’était peut-être pas à la table, mais certainement au menu », en raison de la gravité de sa crise sécuritaire.

Dans son texte, Bocchit Edmond affirme que la lutte contre le trafic de drogue et la criminalité transnationale ne peut être assumée par un groupe restreint de pays. « Les organisations criminelles opèrent au-delà des frontières ; notre réponse doit donc être régionale, coordonnée et inclusive », souligne-t-il.

Il insiste également sur le fait que le territoire haïtien se trouve « en première ligne de ces défis », confronté à des menaces sécuritaires qu’il relie aux dynamiques régionales du trafic et du crime organisé. « Exclure Haïti des discussions visant à renforcer la coopération sécuritaire régionale risque de négliger un partenaire essentiel dans l’effort collectif pour faire face à ces menaces », avertit-il.

L’ancien ministre affirme par ailleurs que le pays reste déterminé à participer aux efforts régionaux. Il évoque notamment la nécessité de reconstruire les forces armées haïtiennes et de mettre en place « une armée professionnelle, bien entraînée et dotée d’une doctrine moderne », capable de se concentrer sur la sécurité des frontières, la lutte contre le trafic de drogue et d’êtres humains ainsi que la protection de l’environnement et la réponse aux catastrophes naturelles.

Dans sa déclaration, Bocchit Edmond souligne aussi le rôle des États-Unis dans la coopération régionale. « Les États-Unis, en tant que leader mondial et acteur central dans l’hémisphère, ont longtemps joué un rôle crucial dans la promotion de la coopération à travers les Amériques », écrit-il, estimant qu’un cadre de sécurité régional renforcé pourrait permettre à chaque pays de contribuer à la lutte contre les réseaux criminels tout en protégeant les intérêts de sécurité nationale américains.

Il conclut en affirmant que Haïti entend rester engagé dans cette coopération internationale. « Je suis absolument certain qu’Haïti se tiendra prêt à travailler avec tous ses partenaires, y compris les États-Unis, pour faire avancer cet objectif commun », écrit-il, tout en estimant que des élections libres et transparentes permettront au pays de « revendiquer légitimement sa place » dans les forums régionaux.