TÉHÉRAN, dimanche 15 mars 2026 (RHINEWS)- Deux semaines après le déclenchement de l’offensive américaine et israélienne contre l’Iran, le conflit s’est transformé en une confrontation régionale à haute intensité mêlant frappes aériennes massives, attaques de missiles et crise maritime dans le golfe Persique, suscitant des interrogations croissantes parmi les analystes militaires sur la capacité des États-Unis et d’Israël à obtenir une victoire rapide contre un adversaire qui conserve des moyens de riposte importants.
Depuis le début de l’opération, les forces américaines et israéliennes affirment avoir frappé des milliers d’objectifs militaires en Iran, incluant bases de missiles, infrastructures navales, centres de commandement et installations liées au programme nucléaire. Selon le commandement américain, près de 2 000 cibles militaires iraniennes ont été détruites et plusieurs navires et sous-marins iraniens neutralisés dans les premières phases du conflit.
Les dirigeants américains et israéliens affirment que l’appareil militaire iranien a subi des pertes considérables. Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré que la campagne militaire vise à « démanteler la menace iranienne » et à « changer l’équilibre stratégique dans la région ». Dans le même temps, le président américain Donald Trump affirme que les forces occidentales ont infligé des dommages majeurs aux capacités militaires de Téhéran et qu’elles poursuivront les frappes.
Malgré ces affirmations, l’Iran a démontré une capacité de riposte significative. Des missiles balistiques, drones et attaques maritimes ont visé Israël, plusieurs bases américaines et des installations pétrolières dans le Golfe, tandis que Téhéran utilise la menace de fermeture du détroit d’Ormuz comme levier stratégique contre les économies occidentales. Le nouveau guide suprême iranien a déclaré que l’Iran « continuera le combat et maintiendra le détroit fermé » tant que les bombardements se poursuivront.
Le détroit d’Ormuz, passage par lequel transite une part majeure du pétrole mondial, est devenu l’un des principaux fronts du conflit. L’Iran a posé des mines et mené plusieurs attaques contre des navires, provoquant l’arrêt ou la forte réduction du trafic maritime et une flambée des prix de l’énergie.
Face à cette situation, Donald Trump a lancé un appel public à plusieurs puissances mondiales pour participer à la sécurisation de cette route maritime stratégique. Dans un message publié sur Truth Social, il a déclaré que « de nombreux pays, en particulier ceux qui dépendent du pétrole transitant par le détroit d’Ormuz, enverront des navires de guerre avec les États-Unis pour maintenir ce passage ouvert et sûr ». Il a ajouté que Washington « coordonn[erait] les opérations pour que tout se déroule rapidement et efficacement ».
Le président américain a également indiqué que les États-Unis pourraient escorter les pétroliers si nécessaire, affirmant dans une interview que Washington le ferait « si c’est nécessaire », tout en promettant que les forces américaines frapperaient l’Iran « très durement » dans les jours suivants.
Dans un autre message, Donald Trump a affirmé que les États-Unis avaient « complètement décimé l’Iran militairement et économiquement », tout en reconnaissant que Téhéran conserve la capacité de perturber la navigation avec « des drones, des mines ou des missiles à courte portée » dans cette voie maritime stratégique.
Cependant, les appels américains à une coalition navale internationale n’ont pas encore suscité d’engagements fermes de la part de plusieurs grandes puissances, certaines capitales préférant appeler à une désescalade plutôt qu’à une participation directe au conflit.
Sur le plan stratégique, plusieurs analystes estiment que Washington et Tel-Aviv ont probablement sous-estimé la capacité de l’Iran à mener une guerre asymétrique. Même si son armée conventionnelle a subi des pertes importantes, Téhéran dispose d’un vaste arsenal de missiles balistiques, de drones et de forces navales capables de perturber durablement la circulation maritime et les infrastructures énergétiques dans la région.
L’impact économique de la guerre se fait déjà sentir. Les attaques contre la navigation dans le golfe Persique ont provoqué une forte hausse du prix du pétrole et des coûts d’assurance maritime, tandis que plusieurs compagnies de transport évitent désormais la zone. Cette situation menace l’approvisionnement énergétique mondial et alimente les inquiétudes concernant une nouvelle poussée inflationniste.
Aux États-Unis, la hausse du prix du pétrole se répercute sur les carburants, ce qui pourrait avoir des conséquences politiques et économiques importantes si le conflit se prolonge. Les marchés financiers ont déjà connu une forte volatilité et plusieurs gouvernements ont commencé à libérer des réserves stratégiques de pétrole pour tenter de stabiliser les prix.
Dans ce contexte, les perspectives de sortie de crise restent incertaines. Les États-Unis et Israël disposent d’une supériorité militaire écrasante dans les airs et sur mer, mais l’Iran conserve la capacité d’imposer un coût économique et stratégique élevé en perturbant les routes énergétiques et en multipliant les attaques indirectes dans toute la région.
Deux semaines après le début de la guerre, le conflit semble donc évoluer vers un affrontement prolongé où aucun camp ne dispose d’une victoire rapide évidente : Washington et Tel-Aviv dominent le champ de bataille conventionnel, tandis que Téhéran exploite ses capacités asymétriques pour transformer la guerre en crise régionale et énergétique mondiale.

