WASHINGTON, dimanche 8 mars 2026 (RHINEWS) – Le président américain Donald Trump a averti dimanche que le nouveau guide suprême iranien « ne tiendra pas longtemps » sans l’approbation de Washington, alors même que le nom du successeur de l’ayatollah Ali Khamenei n’avait pas encore été officiellement révélé.
« Il devra obtenir notre approbation. S’il ne l’obtient pas, il ne tiendra pas longtemps », a déclaré le président américain, tandis que le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a répliqué que le choix du successeur d’Ali Khamenei relève « du peuple iranien » et « de personne d’autre ».
Le nouveau guide suprême a été désigné dimanche par l’Assemblée des experts, un organe composé de membres du clergé élus au suffrage universel, afin de remplacer Ali Khamenei, au pouvoir depuis 1989 et tué le 28 février lors du premier jour de la guerre opposant l’Iran à Israël et aux États-Unis.
Depuis sa mort, plusieurs noms circulaient parmi les prétendants, dont celui de son fils Mojtaba Khamenei, considéré comme l’une des personnalités les plus influentes du régime. Le nom de Hassan Khomeini, petit-fils du fondateur de la République islamique Ruhollah Khomeini, a également été évoqué pour cette fonction traditionnellement réservée à un dignitaire religieux.
Israël avait déjà averti mercredi que le futur guide suprême constituerait « une cible ». De son côté, Donald Trump avait appelé au début du conflit le peuple iranien à renverser la République islamique et avait indiqué jeudi qu’il n’accepterait pas l’accession de Mojtaba Khamenei au pouvoir. Washington affirme vouloir détruire les capacités balistiques de l’Iran et empêcher le pays d’acquérir l’arme nucléaire, une intention que Téhéran dément.
La désignation du nouveau guide intervient alors que l’Iran, encore sous le choc d’intenses frappes aériennes, affirme être prêt à soutenir « au moins six mois de guerre », rejetant les appels à une « reddition inconditionnelle » lancés par Donald Trump. Le président américain a également évoqué la possibilité d’un futur déploiement de troupes au sol afin de surveiller les stocks d’uranium enrichi du pays.
Dimanche après-midi, plusieurs explosions ont été entendues dans la capitale iranienne. La ville était déjà plongée dans l’obscurité depuis le matin et enveloppée d’un épais nuage noir, ont rapporté des journalistes de l’AFP sur place.
L’armée israélienne a annoncé avoir frappé « plusieurs » réservoirs de carburant utilisés, selon elle, pour alimenter des infrastructures militaires. Elle a ensuite affirmé avoir ciblé le quartier général de la force aérospatiale du Corps des Gardiens de la révolution islamique, l’unité d’élite de la République islamique.
Il s’agit de la première attaque signalée contre des infrastructures pétrolières iraniennes depuis le début du conflit le 28 février. Dans les zones proches des frappes, des forces de sécurité équipées de manteaux de protection et de masques respiratoires filtrent la circulation, tandis que les explosions ont brisé les vitres de nombreux immeubles résidentiels.
La distribution de carburant a été limitée à 20 litres par véhicule et de longues files d’attente se sont formées devant les stations-service de Téhéran, ont constaté des journalistes de l’AFP, au moment où le pays reprenait ses activités après une semaine de congé décrétée à la suite de la mort d’Ali Khamenei.
« L’air est devenu irrespirable », a déclaré par téléphone un habitant joint depuis Paris. « La guerre s’étend. Ce n’est pas ce que nous voulions. Nous ne voulions pas qu’ils bombardent nos ressources nationales et nous rendent encore plus pauvres que nous ne le sommes déjà », a-t-il ajouté.
Selon le dernier bilan communiqué par le ministère iranien de la Santé, plus de 1 200 personnes ont été tuées et plus de 10 000 civils blessés, des chiffres que l’AFP indique ne pas être en mesure de vérifier de manière indépendante.
Au Liban, le centre de Beirut a également été touché dans la nuit lors d’une frappe visant un hôtel du quartier de Raouché, situé sur le front de mer touristique. Israël a décrit l’opération comme une « frappe de précision » visant des « commandants de haut rang » de la force Al-Qods, la branche chargée des opérations extérieures des Gardiens de la révolution. Le ministère libanais de la Santé fait état de 394 morts dans les frappes israéliennes.
En riposte aux bombardements, l’Iran poursuit ses tirs de missiles et de drones contre des infrastructures dans les pays du Golfe, une région riche en hydrocarbures et qui abrite plusieurs bases militaires américaines.
Le Koweït a signalé des frappes contre des réservoirs de carburant à l’aéroport de Kuwait City, tandis que Bahreïn a fait état de dommages sur une usine de dessalement. En Saudi Arabia, une attaque de drone visant le quartier diplomatique de Riyadh aurait été déjouée selon les autorités saoudiennes. Une autre frappe a visé le champ pétrolier de Shaybah dans le sud-est du pays, alors qu’un projectile tombé dans une zone résidentielle au sud de Riyad a fait deux morts.
Des explosions ont également été entendues à Abu Dhabi ainsi qu’en Israel, où les secours ont fait état de six blessés.
Le président iranien Massoud Pezeshkian a déclaré dimanche que « si l’ennemi tente d’utiliser le territoire d’un pays pour lancer une agression contre notre territoire, nous serons contraints de riposter ».
Le secrétaire général de la Ligue arabe a qualifié pour sa part les attaques iraniennes contre ses voisins d’« irresponsables ». La China et la Russia, alliées de Téhéran, demeurent pour l’instant largement en retrait face au conflit.
Cette guerre perturbe déjà une grande partie des flux d’hydrocarbures du Golfe. Le détroit d’Strait of Hormuz demeure au centre des préoccupations internationales, près de 20 % du pétrole mondial et environ un cinquième du gaz naturel liquéfié y transitant habituellement.

