GAZA, lundi 13 janvier 2026 (RHINEWS)- Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu le 10 octobre 2025, plus de 100 enfants ont été tués dans la bande de Gaza, soit en moyenne près d’un par jour, a indiqué mardi une agence humanitaire des Nations Unies. Ce bilan, établi à partir des informations disponibles, est probablement en deçà de la réalité en raison du nombre important de cas non documentés.
Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) affirme que la vie dans l’enclave palestinienne demeure « étouffante » et que la survie de la population reste « conditionnelle ». Bien que l’intensité des bombardements et des tirs ait diminué depuis le cessez-le-feu, ces violences n’ont pas totalement cessé, a précisé l’agence.
Lors d’un point de presse à Genève, le porte-parole de l’UNICEF, James Elder, a déclaré depuis la ville de Gaza que les enfants avaient été tués par des frappes aériennes, des attaques de drones — y compris des drones suicide —, des tirs de chars, des balles réelles et des quadricoptères télécommandés. Il a souligné que ces décès concernaient des enfants dans diverses zones de la bande de Gaza.
M. Elder a également alerté sur l’augmentation récente des décès dus à l’hypothermie chez les plus jeunes, en raison des conditions hivernales difficiles. Six enfants sont morts de froid depuis le début de l’hiver, a-t-il indiqué, décrivant des vents violents déchirant les tentes, des températures glaciales et des abris détrempés, notamment dans les zones côtières.
Le porte-parole de l’UNICEF a estimé que le calme relatif observé serait considéré ailleurs comme une crise majeure. Il a regretté qu’un effet indirect du cessez-le-feu ait été la disparition des enfants palestiniens de Gaza de l’attention publique internationale. Il a notamment évoqué le cas d’Abid Al Rahman, 9 ans, blessé à l’œil par un éclat d’obus lors d’une frappe aérienne à Khan Younis alors qu’il ramassait du bois, un fragment métallique restant logé dans son œil.
Par ailleurs, de nombreuses restrictions continuent de peser sur l’entrée de produits essentiels à Gaza, notamment les fournitures médicales, le gaz de cuisine, le carburant et les pièces nécessaires aux systèmes d’eau et d’assainissement. L’UNICEF note toutefois des « progrès réels » depuis le cessez-le-feu, avec l’ouverture des premières cliniques de santé dans le nord de Gaza, l’extension des campagnes de vaccination, la réparation d’infrastructures hydrauliques et l’ajout de plus de 70 centres nutritionnels. L’agence affirme que la famine a reculé, même si les évacuations médicales d’enfants restent largement bloquées.
Malgré ces avancées jugées « modestes », l’UNICEF souligne que deux années de guerre ont profondément affecté les enfants de Gaza, qui continuent de vivre dans la peur. Les traumatismes psychologiques demeurent largement non pris en charge et s’aggravent avec le temps. Selon M. Elder, si le ralentissement des bombardements constitue un progrès, il reste insuffisant tant que des enfants continuent de mourir. L’agence appelle à transformer la baisse de la violence en une sécurité durable, en facilitant l’accès à l’aide humanitaire, en augmentant les évacuations médicales et en mettant un terme définitif aux décès d’enfants à Gaza.

